Monsieur le Grand Rabbin de France, Messieurs les Grands Rabbins et Rabbins, Monsieur le Président du Consistoire central, Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs, C’est avec une émotion très profonde que je prends aujourd’hui la parole, dans cette grande synagogue de la rue de la Victoire. Depuis près de 140 ans, la communauté juive française se rassemble ici, dans la célébration mais aussi dans l’épreuve. Je mesure l’honneur que vous me faites, en invitant pour la première fois un Premier min... lire la suite
Le Premier ministre, Francois Fillon, a reuni ce matin un comite interministeriel sur l’Europe avec Jean-Louis Borloo, ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Developpement durable et de l’Amenagement du territoire, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Peche, Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Jean-Pierre Jouyet, secretaire d’Etat charge des Affaires europeennes, Luc Chatel, secretaire d’Etat charge de l’Industrie et de la Consommation, porte-parole du Gouvernement et Nathalie Kosciusko-Morizet, secretaire d’Etat chargee de l’Ecologie pour faire le point sur trois sujets europeens particulierement importants pour la prochaine Presidence francaise du Conseil de l’Union europeenne. Le comite a d’abord evoque la lutte contre le changement climatique, dont le Premier ministre a souligne l’importance pour la France, pour l’Europe et pour le monde. Le Premier ministre a rappele qu’il etait urgent, pour parvenir a un accord sous Presidence francaise sur la base des propositions de la Commission, de traiter le risque de delocalisation des activites industrielles europeennes vers des pays tiers, risque clairement identifie par le Conseil europeen des 13 et 14 mars 2008. Il convient de preciser rapidement les propositions europeennes face a un tel risque, avec l’objectif d’œuvrer en faveur d’un accord international fin 2009 sur le climat qui soit le plus ambitieux possible. La securite energetique en Europe a ensuite ete abordee, la future Presidence francaise etant particulierement attendue sur ce sujet. Le rapport remis au Premier ministre par Claude Mandil contient des pistes interessantes pouvant conduire a des propositions francaises, par exemple concernant un effort indispensable d’economies d’energie, la mise en place de mecanismes europeens de reponse a des crises d’approvisionnement, une reflexion sur les investissements necessaires en infrastructures energetiques, ou un renouveau des relations energetiques de l’Union europeenne avec les pays fournisseurs. Le troisieme sujet concerne la politique agricole. La Presidence francaise devra d’abord conduire a son terme le bilan de sante de la PAC. Parallelement, il faudra ouvrir un debat sur les defis et enjeux de la PAC du futur. Enfin, la question des negociations du cycle commercial de Doha a ete abordee: le Premier ministre a rappele que le resultat final devra a la fois etre acceptable pour l’agriculture europeenne, conformement au mandat donne a la Commission, et etre globalement equilibre entre les concessions octroyees par les Europeens et les avantages obtenus de nos partenaires commerciaux.
Monsieur le Grand Rabbin de France, C’est avec une emotion tres profonde que je prends aujourd’hui la parole, dans cette grande synagogue de la rue de la Victoire. Je mesure l’honneur que vous me faites, en invitant pour la premiere fois un Premier ministre a s’exprimer en ces lieux. Elle y repond dans une circonstance heureuse, puisqu’il s’agit de celebrer le bicentenaire de la creation des institutions consistoriales, par les decrets du 17 mars 1808. La laicite n’avait pas encore le visage que nous lui connaissons; mais un pas decisif avait ete franchi. Contraints d’affronter la question de l’integration, avec toute sa complexite, les Juifs de France entraient a travers elle dans la modernite politique. Pour mieux definir et renforcer la relation entre nation et judaisme, Napoleon - qui n’etait pas a l’abri des prejuges de son temps - convoqua le Grand Sanhedrin en 1806, puis la reunion des grands rabbins en 1807. Nous avons fete l’annee derniere le bicentenaire de cette assemblee, dont les decisions se revelerent decisives. Le Grand Sanhedrin affirma en effet avec force qu’il n’y avait pas d’incompatibilite entre la fidelite a la loi mosaique et les devoirs de citoyens francais. L’annee suivante, la creation, par decret imperial, des Consistoires israelites de France tranche de maniere definitive le noeud gordien en donnant toute sa consistance au principe de liberte religieuse affirme en 1789. Les communautes sont ainsi dotees d’un cadre legal, comprenant une structure centralisee et des consistoires locaux. Du grand rabbin David Sintzheim, son premier president, jusqu’a Jean Kahn, a qui je veux rendre un hommage tout particulier ce soir, son efficacite ne s’est jamais dementie. Nos consistoires ont permis l’insertion des juifs francais dans le cadre politique et civil du pays sans reniement de leur foi. Celle de Leon Blum, premier president du Conseil d’origine juive, mais aussi litterateur, juriste, opposant infatigable et genereux aux injustices de son siecle. Celles des penseurs: Durkheim, le pere de la sociologie; Bernard Lazare, le premier dreyfusard avec Zadoc Kahn, le grand rabbin de l’epoque; Edmond Fleg, l’essayiste et romancier, fondateur de l’amitie judeo-chretienne de France, qui a donne son nom a votre centre pour les etudiants, que vous avez recemment inaugure. Celle d’Alain de Rothschild, prisonnier de guerre, president du Consistoire de Paris puis du Consistoire central, heritier de cette grande famille qui a tant donne a la France et au judaisme et qui continue a le faire. Il symbolise egalement l’attachement indefectible des juifs de France a notre patrie commune, a son sol et a ses valeurs. Sous l’Ancien regime, tous les Juifs installes en France etaient presumes etrangers: Allemands a l’Est, Portugais ou Espagnols au sud. Alors meme que le judaisme etait enracine en France depuis deux mille ans! Et pourtant, depuis des siecles, les Juifs de France se voulaient et etaient passionnement francais. Ce patriotisme s’est durement eprouve sur les fronts de 14-18, quand tant de soldats et d’officiers juifs sont tombes pour la France. A quelques metres de nous, ces plaques de granit gris rendent hommage au sacrifice des enfants de la communaute juive de Paris, ces enfants de France. Le patriotisme de la communaute juive n’a jamais flechi. Malgre certains prejuges et devant les vexations qu’une partie de la societe francaise lui opposa en plusieurs circonstances, l’amour de la France ne s’est jamais epuise. Cette confiance dans la Republique, mesurons-la a l’aune d’un seul chiffre: en Europe, apres la Seconde guerre mondiale, la communaute juive de France est la seule a avoir cru en nombre et en vigueur. La creation d’Israel, qui fete cette annee ses 60 ans, a pu susciter de nouveaux attachements, de nouveaux espoirs: elle n’a pas rompu la fidelite qui attache a notre sol la communaute juive de France. La France s’honore d’accueillir aujourd’hui, avec plus de 600 000 personnes, la premiere communaute juive d’Europe. Le Consistoire central a su s’affirmer comme un interlocuteur stable et responsable de l’Etat, avec lequel il n’a cesse d’entretenir des relations de travail constructives. Il en va de meme de chaque consistoire regional, et au premier chef de celui de Paris-Ile-de- France, qui nous fait l’amitie de nous recevoir aujourd’hui en cette synagogue de la Victoire. Tout le conduit a jouer un role majeur dans cette laicite positive que le president de la Republique appelle de ses vœux. La loi de 1905 ne s’y est pas trompee, elle qui dispose clairement dans son premier article: "la Republique assure la liberte des consciences. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions edictees dans l’interet de l’ordre public". S’agissant du delicat probleme de l’abattage rituel, j’ai souhaite que vous soyez etroitement associes a la reflexion qui a ete confiee au ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, au sujet de la protection animale. Je crois aujourd’hui essentiel de concilier celle-ci avec le respect de notre patrimoine culturel et religieux. Concernant enfin les carres confessionnels, la recente circulaire de la ministre de l’Interieur relative a la police des sepultures sensibilise les prefets a la question. La convention tripartite annuelle que l’Etat signe avec les consistoires et le Fond social juif unifie depuis pres de quatre ans, permet de mobiliser les fonds necessaires. En defendant le serment civique reclame par l’Empire aupres des Juifs de France, Berr-Isaac Berr disait "qu’il ne pouvait inquieter nos freres, meme les plus orthodoxes et les plus scrupuleux". Je veux redire aux Juifs de France qu’ils ont raison d’aimer la Republique et qu’ils ont raison de voir en elle le rempart de leurs droits. Je veux vous dire que vous etes l’une des forces et l’une des ames de notre maison commune: la France.
  Retrouvez cette intervention en podcast je voudrais vous dire le tres grand plaisir que j’ai avec Christine Lagarde, avec Martin Hirsch, avec Roland Du Luart qui preside le groupe d’amitie France - Amerique latine et qui est en plus mon voisin dans le departement de la Sarthe, d’etre presents aujourd’hui a Buenos Aires. Ça fait dix ans qu’il n’y a pas eu une visite d’un chef du gouvernement francais ici en Argentine. Eh bien, dix ans, c’est trop long. C’est trop long et je me rejouis qu’il y ait eu cette occasion de l’investiture de Madame Cristina Fernandes de Kirchner pour que nous puissions tourner une nouvelle page des relations entre la France et l’Argentine. Je dis tourner une nouvelle page parce que je pense que nos deux pays sont en train d’ecrire une nouvelle histoire. Lorsque la France se lance a la reconquete de son dynamisme economique, elle rencontre une Argentine qui depuis cinq ans a une croissance exceptionnelle. Monsieur l’ambassadeur qu’on cherchait, on avait lance un appel, voila. La France retrouve les premiers roles en Europe, elle rencontre une Argentine qui cherche a renforcer le sien a travers le Mercosur ou a travers l’organisation des Nations Unies. Lorsque la France parle des droits de l’homme, qu’elle parle de l’education, qu’elle parle de l’identite culturelle, l’Argentine lui repond et les deux pays se comprennent. Ainsi hier soir, avec Martin Hirsch et mon epouse, nous avons eu la grande emotion de participer a l’eglise de Santa Cruz a une ceremonie pour le 30eme anniversaire de l’assassinat de deux religieuses francaises Leonie Duquet et Alice Domon et a travers elles, de toutes les victimes de la dictature argentine et je suis heureux d’avoir pu emmener avec moi, a l’occasion de ce voyage, des membres de la famille de ces deux religieuses dont certains n’etaient jamais venus en Argentine. C’etait l’occasion pour moi, au nom du Gouvernement francais, de dire notre solidarite avec toutes les souffrances des annees de plomb, la France a le devoir de proteger ses ressortissants, où qu’ils se trouvent et de defendre leurs droits. La France a le devoir d’obtenir justice pour eux quand ils sont menaces ou quand ils sont maltraites, c’est l’ardente obligation du gouvernement et je veux vous dire que c’est mon engagement personnel. Et c’est d’ailleurs au nom de cette obligation elargie, d’une certaine maniere aux ressortissants de l’Union europeenne, que le president de la Republique francaise, Nicolas Sarkozy a obtenu la liberation des infirmieres bulgares. C’est au nom de cette obligation que tous les membres du gouvernement francais sont mobilises derriere le President de la Republique pour obtenir la liberation d’Ingrid Betancourt. Et je suis heureux de saluer sa maman qui est presente avec nous et qui a tellement fait pour que sa fille ne soit pas oubliee. Voila. Alors que les donneurs de lecons tournent sept fois leur langue dans leur bouche. Laisser les infirmieres bulgares croupirent dans les geoles libyennes, ca aurait ete un crime. Laisser Ingrid Betancourt dans la foret colombienne, laisser l’oubli s’installer, ce serait un crime et la France ne veut pas participer a ce crime. La France veut faire entendre sa voix, meme au fond de la foret colombienne parce que sa voix c’est tout simplement la voix de la fraternite. En menant ce combat, en menant ces combats, je veux dire que la France ne rompt pas avec son passe, au contraire, elle renoue avec son histoire, elle cherche a se redonner des raisons de croire en elle meme. Au fond ce que nous faisons dans le monde aujourd’hui, sous l’autorite du President de la Republique, c’est aussi une facon de retrouver la confiance en nous-memes sans laquelle nous ne pouvons pas etre un grand pays avec un grand avenir devant lui. Il y a parmi vous des gens de gauche et des gens de droite, alors je vais prendre un exemple d’une trahison de la gauche et un exemple d’une trahison de la droite. En 1997, la gauche est elue sur un programme de gauche et pourtant, elle va sans doute plus privatiser que tous les gouvernements de droite de la Ve Republique. Ça n’etait pas ecrit dans le programme de la gauche et sans doute certains de ses electeurs ont-ils eu le sentiment d’etre trompes. Mais en 2002, le gouvernement auquel j’appartenais a ete elu sur une idee simple : rehabiliter le travail et la verite m’oblige a dire que nous avons fait assez peu pour rehabiliter le travail. Et donc cette crise de confiance s’est installee, elle a debouche sur le deuxieme tour de l’election presidentielle en 2002, quand l’extreme droite etait au deuxieme tour, a la stupefaction generale, on peut peut-etre dire, pour reprendre une image d’un de mes predecesseurs Alain Juppe, que la France a fait une depression nerveuse. Et pour sortir de cette depression nerveuse, le plus important, c’est la confiance et pour retablir la confiance, la premiere chose que nous voulons faire avec le president de la Republique, c’est respecter tous nos engagements. Martin Hirsch a ete le president d’Emmaus. D’ailleurs on est alles ensemble, en descendant de l’avion hier matin, visiter le centre Emmaus de Buenos Aires où l’abbe Pierre lui-meme etait venu. Mais nous avons voulu aussi ouvrir le gouvernement et ouvrir l’administration de l’Etat a des representants de minorites qui sont nombreuses dans notre pays, qui sont fortes dans notre pays et qui pourtant, n’avaient jamais la voix au chapitre. Et puis retablir la confiance, c’est derouler le programme electoral qui etait celui du president de la Republique. Je le disais, tenir nos engagements, c’est d’autant plus simple que ces engagements sont des engagements de bon sens et que ce sont des engagements qui peuvent etre compris par tous. Je vais resumer les choses en disant : la France veut augmenter sa croissance, elle veut reduire son chomage et elle veut reduire son endettement. Voila, ce ne sont pas des objectifs tres compliques a comprendre, ce sont des objectifs que chacun d’entre vous peut avoir pour ses propres affaires ou pour la gestion de sa propre famille. Pourquoi est-ce que la France depuis vingt ans a un taux de croissance plus faible que tous les autres pays europeens developpes ? Il n’y a pas de raison genetique a cela. Pourquoi est-ce que la France a un taux de chomage qui est toujours plus eleve que la moyenne des autres pays europeens ? Il n’y a aucune raison a cela, si ce n’est le fait que nous nous sommes endormis sur nos lauriers, que nous avons cesse de nous battre, que nous avons cru que notre modele etait un modele parfait, qui s’adapterait quel que soit les changements de l’environnement international. Nous avons entrepris de fusionner l’ANPE et l’Unedic, les deux organismes qui s’occupent d’accompagner les demandeurs d’emploi, ca sera fait en janvier. Mais nous allons au printemps mettre en place un nouveau contrat de travail et nous esperons avant la fin de l’annee, moderniser notre systeme de formation professionnelle et l’indemnisation du chomage. Je me tourne a chaque fois vers Christine Lagarde parce que c’est elle qui a la responsabilite de tous ces chantiers ; et ainsi a la fin de l’annee, nous aurons mis en place ce qu’on appele une flex-securite a la francaise, c’est un sujet dont on parle dans tous les colloques en France depuis 15 ans, nous sommes en train de le faire. On mene une politique de l’offre et une politique de la demande, parce qu’il y a toujours un debat chez les theoriciens extremement savants qui disent qu’il faut faire de l’offre quand on fait de la demande et de la demande quand on fait de l’offre, eh bien nous, on fait les deux en meme temps, mais surtout, on mene une politique de developpement durable car ce pays qui etait si divise sur les questions d’environnement, a reussi grace a l’initiative du President de la Republique un exploit : faire s’asseoir autour d’une meme table les organismes non gouvernementaux qui agissent dans le domaine de l’environnement, les partenaires sociaux, les agriculteurs, les industriels et le gouvernement. Ca a ete le Grenelle de l’environnement et un plan d’action que nous commencons a decliner, qui fera de la France, dans les cinq ans qui viennent, un des pays les plus exemplaires en Europe en matiere de developpement durable. Et puis enfin, nous avons engage la reduction des deficits avec un objectif simple : dans cinq ans, l’equilibre des comptes publics, ca ne va pas etre facile a obtenir parce que ca fait 33 ans qu’on n’a pas vote de budget en equilibre en France. Tous les Francais qui ont moins de 33 ans n’ont jamais connu un budget en equilibre. Comment est-ce qu’on va y arriver ? Je la regarde toujours, on va y arriver d’abord en gelant les depenses publiques pendant cinq ans. Les ministres le savent, le budget de l’Etat et les concours de l’Etat aux collectivites locales sont geles au niveau de l’inflation pendant cinq ans, il n’y aura pas d’augmentation comme c’etait le cas dans le passe au-dela de l’inflation. Je vous ai dit que nous voulions revenir en Europe, notre credit s’etait un peu use, il s’etait use notamment apres le "non" francais au referendum sur la Constitution europeenne ; "non" francais qui peut s’expliquer par ailleurs mais qui du point de vue des autres pays europeens etait difficile a comprendre, venant du pays qui avait pour l’essentiel, redige le projet de traite constitutionnel. Nous avons pris une initiative avec le President de la Republique, celle de proposer un traite simplifie dans une indifference generale pour ne pas dire dans un scepticisme general pendant la campagne presidentielle. Jeudi prochain a Lisbonne nous allons signer le traite simplifie. C’est-a-dire sept mois apres l’election de Nicolas Sarkozy, cette question qui etait un sujet de blocage des relations entre les pays membres de l’Union europeenne est resolue et j’espere que la France sera le premier pays a ratifier des le debut de l’annee 2008 ce nouveau traite. Et puis enfin, nous voulons que la France soit plus presente sur la scene internationale. Nous voulons que la France parle avec tout le monde, parce que la France n’a pas de camp. En realite la France n’a qu’un seul camp, c’est celui de la democratie et de la liberte. La France milite pour une reforme profonde des grandes institutions internationales parce que la France veut que ses grandes institutions internationales prennent mieux en compte les evolutions du monde. La France milite par exemple pour l’elargissement du conseil de securite des Nations Unies, la France milite, je viens d’en parler avec Dominique Strauss-Kahn pour la reforme du fonds monetaire international. La France milite pour que les pays emergeants soient invites non pas seulement au cafe lors des reunions du G8, mais qu’ils aient tous leurs mots a dire dans les reflexions qui sont conduites par les grands pays developpes sur l’avenir de l’economie mondiale. La France est pour le multilateralisme, la France reconnait la diversite des peuples, la diversite de leur culture, la diversite de leur territoire et veut que cette diversite s’exprime a travers un monde multi polaire. Je le dis parce que je vois tellement d’observateurs qui jugent de maniere peremptoire le nouveau style donne aux relations internationales par le President de la Republique, et je leur dis : la France parlera a tout le monde. La France parlera a tout le monde en restant fidele a ses ideaux et a son message universel. La France recoit le colonel Kadhafi parce que le colonel Kadhafi a libere les infirmieres bulgares et parce que le colonel Kadhafi s’est engage dans un processus de reintegration dans la communaute internationale. Et parce que nous avons besoin que la Libye, dans le cadre des relations inter mediterraneennes, redevienne un pays avec lequel on puisse discuter et redevienne progressivement un pays où les droits de l’homme soient respectes. Mais la France dans le meme temps, se deploie pour obtenir la liberation d’Ingrid Betancourt. La France dans le meme temps se bat pour une election libre au Liban. La France se bat et elle reunira dans quelques jours a Paris les pays donateurs pour que la Palestine ait les moyens de devenir un Etat viable. La France se bat pour la securite d’Israel. La France se bat aujourd’hui en premiere ligne pour durcir les sanctions a l’egard de l’Iran si l’Iran continuait a vouloir se doter d’armes nucleaires. Et la France etait hier soir a l’eglise de la Santa Cruz pour dire sa solidarite avec le peuple argentin martyrise par la dictature. Voila Mesdames et messieurs la politique internationale qu’avec le President de la Republique nous voulons conduire. En fait on pourrait la resumer en une seule phrase et j’en terminerai par la. Ce que nous voulons c’est que vous Francais qui vivez hors de France et qui jouez un role si important dans le rayonnement de notre pays, eh bien nous voulons tout simplement que vous soyez fiers de la France, que vous soyez fiers de son role au service du developpement economique et au service des droits de l’homme.
Je suis venu, en effet, pour la premiere fois, s’agissant d’un Premier ministre de la Republique francaise, depuis bien longtemps, visiter la gendarmerie. A la fois, le Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale, le prestigieux GIGN, que le monde entier nous envie, et qui est un sujet de fierte, a la fois pour nos armees, pour la gendarmerie et pour notre nation tout entiere. Et puis, la gendarmerie departementale de l’Eure. Naturellement, Jean-Pierre, le Premier ministre sera tres attentif aux demandes qui sont celles de la ville d’Evreux, et aux demandes qui sont celles du departement de l’Eure pour se doter des equipements dont il a besoin pour se developper. Je pense a la deux fois deux voies ou aux equipements culturels et sportifs. Et s’agissant des equipements sportifs, je crois que demain, j’aurai l’occasion de prendre les decisions de financement, en matiere notamment, de FNADT, qui permettront a la ville d’Evreux d’obtenir ce qu’elle souhaite, et de realiser ses projets. Je veux dire que la generosite du Premier ministre a l’egard de la ville d’Evreux est deja tres grande puisque je vous ai donne le meilleur directeur d’hopital que je connaisse! Et je veux vous le recommander puisqu’il est tellement bon d’ailleurs, que dans la Sarthe, où il a sevi pendant longtemps, il avait reussi l’exploit de diriger deux hopitaux a la fois. Donc il va etre sous-employe ici a Evreux, puisqu’il n’en dirigera qu’un seul! Nous avons engage, sous l’autorite du president de la Republique, un effort de reformes sans precedent. Et nous avons engage cet effort de reformes avec la volonte de tout faire vite. Pourquoi? Parce que notre pays ne peut pas attendre, parce que notre pays est menace par une mondialisation a laquelle il ne s’est pas suffisamment prepare. Pendant trop longtemps, la France a cru qu’elle avait suffisamment de richesses, que son heritage culturel, que ses traditions sociales, que son organisation economique etaient suffisamment efficaces et suffisamment brillantes pour qu’elle ne soit pas concernee par les changements qui affectaient toutes les regions du monde, les unes apres les autres. Et aujourd’hui, il nous faut reparer cet immobilisme qui n’a que trop dure et engager toutes les reformes, avec un objectif qui est finalement tres simple: nous voulons que dans cinq ans, la France soit parmi les trois premiers pays europeens en matiere de croissance. Qui peut penser que la France ne peut pas atteindre cet objectif? Nous voulons ramener nos finances publiques a l’equilibre. La encore, beaucoup d’autres pays europeens l’ont fait dans un delai tres court, et se trouvent aujourd’hui dans une situation bien plus confortable que la notre. Je vois defiler a l’hotel de Matignon beaucoup de chefs de gouvernement de toute l’Europe et certains d’entre eux me confient que l’une des difficultes qu’ils rencontrent aujourd’hui, c’est la difficulte de repartir les excedents budgetaires parce que tout le monde veut sa part des excedents budgetaires. Je les regarde en me disant que le jour où le Premier ministre francais n’aura plus comme souci que celui de repartir les excedents budgetaires, c’est que notre pays aura fait des progres considerables. J’ai parle tout a l’heure de la securite où les resultats sont exceptionnels, a la fois dans la lutte contre la delinquance et en matiere de securite routiere. Je pourrais aussi parler du retour de la France dans le monde et en Europe, avec en particulier la signature et la negociation de ce traite de Lisbonne, qui place la France dans une situation, où elle etait la cause d’un blocage du fonctionnement des institutions europeennes, a une situation où elle est la principale responsable de la remise en marche de ses institutions europeennes, et chacun sait le role cle qui a ete celui du president de la Republique dans ce retour de la France au cœur des institutions europeennes.
Le 7 octobre 2001, les Etats-Unis engageaient les operations militaires, epaules, notamment, par la France qui avait ouvert son espace aerien, noue une cooperation navale, offert son appui en matiere de renseignements. Le 3 octobre 2001, Lionel Jospin, alors Premier ministre, venait dans cet hemicycle pour exposer la position francaise suite aux attentats du 11 septembre. Puis, le 21 novembre, il venait preciser les termes de la€™engagement de la France en Afghanistan. Depuis, cette participation na€™a cesse da€™evoluer en fonctions des besoins et des circonstances. Sur la demande de votre President, Bernard Accoyer, et de la€™opposition, le president de la Republique a souhaite que la representation nationale soit informee de la politique de la France en Afghanistan. Il a voulu ce debat afin da€™eclairer les decisions que prendra notre pays; decisions qui ne sont pas encore arretees. La€™operation sur Kolwezi en 1978 avait donne lieu a une information de la representation nationale, de meme que notre intervention au Tchad en 1983. Notre intervention au Kosovo, en mars 1999, avait ete la€™occasion da€™un debat sans vote, deux jours apres le debut des bombardements. Enfin, la participation de la France aux operations militaires en Afghanistan a partir de decembre 2001 a donne lieu a un debat sans vote, apres une intervention de Lionel Jospin. Aujourda€™hui, une partie de la€™opposition souhaite un vote. Je lui reponds en reprenant les propres termes de Lionel Jospin du 9 octobre 2001 lors da€™une reponse a une question da€™actualite posee par Alain Bocquet qui reclamait un debat avec vote: "vous savez - disait-il dans cet hemicycle - que nous ne pouvons pas faire appel a la€™article 35, qui prevoit la declaration de guerre, car ce na€™est pas de cela qua€™il sa€™agit; vous savez qua€™on peut toujours utiliser la€™article 49-1, mais celui-ci suppose un vote de confiance. [...] Ce na€™est pas un article prevu pour la€™engagement de la France dans ce genre da€™operations. Si bien que nous avons utilise la€™article 132 du reglement". Aujourda€™hui, avec un peu plus de 2 300 hommes, dont 1700 dans la FIAS, sur pres de 61 000, la€™engagement militaire de la France la situe au 7e rang des 40 nations contributrices de troupes. A la demande du president Karzai, la France organisera a Paris, en Juin, une grande conference, propre a entrainer une mobilisation accrue de la communaute internationale. Dans le domaine securitaire, la€™armee afghane atteint desormais 50.000 hommes et bientot 80.000. La France prend une part active a la formation de cette armee. La€™Union Europeenne et les Etats-Unis travaillent a la mise en place da€™une police moderne deja dotee de 75.000 hommes. Comme il la€™a indique lors de sa visite en Grande Bretagne: "la France a propose a ses allies de la€™Alliance atlantique une strategie pour permettre au peuple afghan et a son gouvernement legitime de construire la paix. Si ces conditions sont acceptees, la France proposera lors du sommet de Bucarest de renforcer sa presence militaire ". Ou bien nous choisissons le statu quo; et ca€™est la€™enlisement de nos objectifs et la€™impuissance de la France a peser sur la strategie de la communaute internationale.
Jusqu’a ce jour, la France a ete epargnee, en grande partie grace a son dispositif anti-terroriste. Elle est pourtant visee dans les declarations d’Oussama Ben Laden et de ses seconds dont l’influence s’etend desormais au Maghreb. Et a la demande du president Karzai, la France organisera a Paris, le 12 juin prochain, une grande conference pour amplifier la mobilisation de la communaute internationale. Enfin, dans le domaine securitaire, l’armee afghane, dont la formation est notamment assuree par la France, atteint 50.000 hommes. L’Union Europeenne et les États-Unis travaillent a la mise en place d’une police moderne, deja dotee de 75.000 hommes. Pour les valeurs de la liberte, de l’egalite et de la fraternite qui sont celles de la France qui n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle qu’elle se dresse pour les autres. Tout ceci pour vous indiquer que l’engagement militaire de la France fut une decision politiquement partagee, militairement assumee et legalement encadree sur le plan international. Chacun, du president Jacques Chirac au Premier ministre Lionel Jospin, etaient prets a en assumer les consequences. Avant d’etre tournee contre mon Gouvernement, cette motion de censure est donc d’abord tournee contre ceux qui deciderent avec courage et lucidite d’engager la France dans un processus, certes difficile, mais juste. Al-Qaida et les talibans n’ont que faire de ces formules qui, au demeurant, ont toujours servi a la victoire des dictatures et a la defaite des democraties. La France n’est nullement en guerre avec l’Afghanistan! Mais il est vrai qu’elle n’esquive pas le conflit avec ceux qui ont fait le choix du terrorisme et qui ont martyrise leur propre peuple. Ce serait la defaite de tout ce que nous avons fait. Inutile de vous dire combien l’image et l’honneur de la France en seraient atteints. En somme, nous laisserions a nos allies le soin de regler l’affaire, laissant ainsi entendre que la victoire d’Al-Qaida et des Talibans ne nous empecherait pas de dormir. La France en a pris acte. Mais la France n’a pas souhaite s’engager davantage sans conditions, ni sans clarification de la strategie politico-militaire de la coalition. Comme l’a indique le president de la Republique, la France deploiera, a partir de l’ete, un bataillon supplementaire de 700 hommes. La France prendra de surcroit le commandement de la region Centre a compter de cet ete.
  Retrouvez cette intervention en podcast C’est un grand plaisir pour moi de me retrouver a Saint-Etienne. Pardonnez-moi de commencer par la, mais cette ville qui a fait rever la France entiere, dont le seul nom fait encore vibrer les Francais, cette ville restera toujours le symbole d’une epopee inoubliable, celle des "Verts", celle du desormais mythique "Chaudron". Je n’ai jamais pu passer a cote du stade Geoffroy-Guichard, lorsque mes enfants etaient adolescents, sans qu’ils faillent s’y arreter pour faire - pardonnez-moi mon Seigneur - genuflexion devant ce temple du football. Et puisque j’en suis aux confidences, je vais vous dire que j’ai un petit lien secret avec la ville de Saint-Étienne que, naturellement tout le monde ignore : dans les annees 70, Casino a investi dans la ville de Sable-sur-Sarthe dont j’ai ete le maire pendant vingt ans, et il y a toute une equipe de Stephanois qui est venue s’installer a Sable, une sorte de colonie stephanoise que l’on a accueillie, je vous rassure, tres gentiment, qui s’est parfaitement integree d’ailleurs, mais qui est restee stephanoise et qui toujours parle de Saint-Étienne avec beaucoup de chaleur et d’emotion. Pour la France, Saint-Etienne, c’est une fierte, c’est un etat d’esprit, c’est une identite. Et c’est aussi une ame, et cette ame n’est pas dissociable de son industrie et de ses valeurs ouvrieres. Pour tous ces bassins industriels qui ont produit le charbon, l’acier et le textile necessaires a notre economie, pour tous ces travailleurs qui ont consacre leur vie a cette tache, la nation tout entiere garde une reconnaissance et une estime particulieres. Mais aujourd’hui, apres avoir ete une ville a genoux, Saint-Etienne est a nouveau une ville debout ! C’est une ville qui regarde vers l’avenir ; grace a un effort exceptionnel, grace a une mobilisation de tous les talents, vous avez su reprendre les renes de votre destin. Ce sursaut, c’est celui de la France qui se rebelle contre la fatalite et qui refuse le declin. Attirer les entreprises de l’economie de demain ; orienter la tradition de l’excellence de la ville vers les secteurs et vers les creneaux du futur ; optimiser les potentiels de recherche et de formation ; reconstruire, renover, rehabiliter l’habitat, le cadre de vie ; reguler la pression urbaine ; assurer un vrai developpement durable ; ouvrir la ville sur l’Europe : voila la grande et la belle ambition de Saint-Etienne ! Depuis six mois, le Gouvernement, travaille dur pour moderniser la France. Nos objectifs sont eleves, ils sont en meme temps assez simples a comprendre : on veut remettre notre pays au niveau de nos principaux partenaires, on veut relancer la croissance, on veut reduire le chomage et on veut reequilibrer nos finances publiques. Ce ne sont pas des objectifs inatteignables. Pourquoi est-ce que la France serait le seul pays europeen condamne a avoir moins de croissance que les autres ? Est-ce que nous aurions moins de richesses, moins de genie, moins de culture, moins de savoir-faire, moins de tradition ? Evidemment non ! On en a plutot plus que les autres. Et pourtant, on a regulierement, depuis 30 ans, 1 point de croissance de moins que les pays europeens les plus efficaces. Reduire le chomage, est-ce que c’est a notre portee ? Les autres l’ont fait. Le taux de chomage de tous les grands pays europeens aujourd’hui est proche du plein emploi. Nous, nous avons enregistre, ces deux derniers mois, des resultats exceptionnels. Nous sommes aujourd’hui, avec un taux de chomage de l’ordre de 8 %, a un niveau qui est historiquement bas depuis 1982. C’est le meilleur resultat depuis 1982. Eh bien, meme avec ce resultat, nous sommes 25eme des pays europeens en terme de performance en matiere de chomage. C’est dire si on a encore une grande marge de progression devant nous. Et puis enfin, ramener nos comptes a l’equilibre. La aussi, cela fait 33 ans que nous n’avons pas connu un budget en equilibre. Cela fait 33 ans qu’on s’endette pour financer nos depenses de fonctionnement. Eh bien la encore, pour beaucoup de Francais qui sont nes avec cette situation, ils ont l’impression que cela peut durer toujours. Nous savons bien que ca ne peut pas durer toujours, et surtout quand on regarde autour de nous, on voit d’autres pays europeens, qui etaient dans une situation pire que la notre, et qui aujourd’hui ont des excedents budgetaires. J’etais il y a quelques jours en Suede : le Premier ministre suedois me disait : "moi, mon probleme, c’est de savoir ce que je vais faire de mes excedents budgetaires". Franchement, je suis pret a changer tout de suite la situation difficile qui est la sienne avec la mienne. J’ai signe la semaine derniere un protocole cadre pour la reussite des universites, qui prevoit 15 milliards d’euros investis d’ici 2012 dans l’enseignement superieur. C’est-a-dire que le budget de l’enseignement superieur, en cinq ans, va augmenter de 50 %. Cet engagement, qui est sans precedent dans l’histoire de notre pays, se traduira chaque annee par une dotation budgetaire supplementaire d’un milliard d’euros pendant cinq ans et nous allons aller plus loin puisque le president de la Republique a annonce jeudi que nous allions mettre sur le marche environ 3% du capital d’EDF et que ces 3 % du capital d’EDF, qui representent autour de 5 milliards d’euros, seront investis dans des grands projets d’amelioration des campus universitaires pour que la France ait enfin les grandes universites modernes dont elle a besoin et que les autres pays ont su developper Cette universite, il faut aussi assurer son integration au sein du tissu d’enseignement superieur et de recherche regional. Elle a, je le sais, demande a prendre toute sa place dans le Pole de recherche et d’enseignement superieur (Pres) de Lyon, avec 11 etablissements de haut niveau, dont plusieurs universites de Lyon et l’Ecole normale superieure : c’est une initiative qui doit etre soutenue. C’est en regroupant les forces dans des grands poles qui ont une visibilite mondiale que la France va pouvoir gagner cette bataille de la formation, de l’intelligence et de l’innovation. Ils se trouvent qu’en France, avec les 35 heures,avec le chomage des jeunes et avec le faible taux d’activite des seniors, nous sommes le pays, parmi les pays developpes, qui travaille le moins. Eh bien, mesdames et messieurs, ce n’est pas un hasard si notre croissance est plus faible que les autres et si les salaires bruts moyens sont plus bas qu’ailleurs ! Il y a un lien entre le volume de travail qu’un pays produit, entre la richesse qu’il est capable de produire, sa croissance et les salaires qu’il est capable de distribuer. C’est pourquoi, avec le president de la Republique, nous avons tire de cette situation une conclusion simple : il faut liberer le travail partout où c’est possible, et la liberation du pouvoir d’achat passe par la liberation du travail. Les resultats sont deja positifs : je le disais tout a l’heure, le chomage n’a jamais ete aussi bas depuis des annees. A Saint-Etienne, vous etes maintenant dans la moyenne nationale, a 8,5%, alors que vous avez connu un taux qui est montre jusqu’a 17% il y a 10 ans. La mondialisation et la competition internationale constituent une realite. Ceux qui pensent ou qui disent qu’on peut l’esquiver racontent des histoires. Mais cette realite n’implique pas pour autant de renoncer a toute politique industrielle. La France n’a pas vocation a voir disparaitre toutes ses industries ; elle a vocation a en developper de nouvelles, dans des secteurs nouveaux. L’agglomeration stephanoise est evidemment liee a la grande metropole lyonnaise ; le developpement de ce cœur - meme si j’ai bien compris tout a l’heure que vous vouliez de la complementarite et pas de la dependance - le developpement de ce cœur de France ne peut se faire de facon isolee. L’ensemble Lyon-Saint Etienne a vocation etre un pole majeur au niveau de l’Europe. Les bassins economiques et urbains lyonnais et stephanois sont de plus en plus integres. Les flux de deplacement entre vos deux villes ont une intensite qu’on ne retrouve que dans l’agglomeration parisienne. Mon cher Michel, Je vois en Saint Etienne, l’energie de notre pays. Je vois ici la France qui se rassemble dans les moments importants, qui se rassemble pour se battre, pour innover et pour gagner.
Nous venons de faire avec le Premier ministre, Monsieur Rasmussen, un tour d’horizon des questions europeennes, mais aussi des questions bilaterales et des questions internationales. Vous savez que le Danemark est pour la France un modele d’organisation economique et sociale. Beaucoup d’hommes politiques francais s’y sont rendus et je n’ai pas echappe a cette regle pour inspirer les reformes que nous conduisons. J’ai donc decrit au Premier ministre danois l’ensemble de ces reformes, la reforme de la fiscalite, la reforme destinee a rendre le travail plus incitatif, la reforme du marche de l’emploi, la reforme des services publics, la reforme de l’Etat. Nous avons aussi evoque les questions europeennes. Nos deux pays souhaitent une entree en vigueur rapide du Traite de Lisbonne et ont d’ailleurs engage en ce sens un processus de ratification parlementaire. La ratification en France sera, je l’espere, obtenue a la mi-fevrier, ce qui nous permettra d’aborder la Presidence francaise dans les meilleures conditions, et nous avons naturellement evoque les priorites de la Presidence francaise, qui rejoignent, pour la plupart d’entre elles, les priorites du Danemark, sur le rechauffement climatique, sur la lutte contre l’immigration clandestine et l’harmonisation des politiques d’immigration, sur l’independance energetique, sur la question des approvisionnements energetiques de l’Europe. Le Danemark sera donc pour la France un partenaire-cle au cours de sa presidence. Il l’est deja sur le plan bilateral. La richesse de nos echanges politiques et culturels est remarquable. Je veux d’ailleurs souligner, monsieur le Premier ministre, a ce sujet, a quel point l’exposition "Quand Versailles etait meuble d’argent", qui etait une exposition composee pour l’essentiel de meubles et d’objets fournis par la maison royale du Danemark, a rencontre un tres grand succes en France. Voila. Et puis enfin un petit mot pour dire que tout notre echange s’est passe en francais et je voudrais en remercier le Premier ministre danois, qui maitrise notre langue d’une facon impressionnante et exemplaire.
Voici soixante ans qu’en France, avec determination et constance, l’interet national epouse l’ambition europeenne; soixante ans que la passion francaise trouve dans l’aventure europeenne son horizon, son aboutissement, l’elargissement de ses perspectives aux dimensions plus vastes de notre continent; soixante ans que le reve europeen recoit de l’initiative francaise ses elans et ses caps. C’est afin de saluer le role du droit europeen que j’ai profite de ma rencontre avec Jean-Claude Juncker vendredi dernier a Luxembourg pour accomplir la premiere visite d’un Premier ministre francais aupres de la Cour de Justice de l’Union europeenne Encore cette satisfaction institutionnelle n’est-elle pas la seule raison de mon intervention: d’autres motifs relevent de mon sentiment intime, et je sais qu’ils parlent des Francais. Je vous livre cette conviction personnelle telle qu’elle m’a toujours guide: plus le XXIe siecle se revelera secoue de tensions nouvelles, travaille par le deplacement des lignes de partage, tiraille de conflits, plus grande nous apparaitra la valeur de l’espace d’equilibre europeen! Avec le Traite de Lisbonne, la France reprend la main en Europe; et c’est l’Europe elle-meme qui se trouve relancee. Il a compris que les partisans du "non" et ceux du "oui" , s’ils ne s’accordaient pas sur une meme idee de l’Europe, partageaient le meme desir de la voir avancer. Il s’est alors efforce de transcender les clivages qui, en divisant la France, immobilisaient l’Europe. Il s’est engage, pendant la campagne presidentielle, a ce qu’aboutissent, rapidement, nos points de consensus. Sa promesse etait realiste, transparente. Elle a ete invariable: negocier un nouveau traite, plus simple, qui concretise les avancees institutionnelles urgentes, tout en prenant acte des craintes exprimees par le "non" majoritaire; une fois ce traite negocie, le faire valider le plus rapidement possible par le Parlement. Premier obstacle, la nature meme du texte. La notion de constitution paraissait redoutable, elle a disparu. Le Traite de Lisbonne complete et affine les traites existants. Il respecte le Traite sur l’Union Europeenne et le Traite sur la Communaute Europeenne, rebaptise "Traite sur le fonctionnement de l’Union", sans se placer au-dessus d’eux. Les symboles constitutionnels ont disparu. Au Conseil, les pays les plus peuples comme la France seront favorises par le choix de la "double majorite" comme mode de vote. Apres le referendum, on nous a explique qu’il existait une France du oui et une France du non; qu’une partie du pays resistait a la poursuite de la construction communautaire; que deux camps, aux frontieres nettes se dressaient l’un contre l’autre. Une vraie politique commune de l’immigration - dont le chef du gouvernement espagnol a recemment appuye l’idee. Une politique europeenne de Defense digne de ce nom. Des mesures particulierement vigilantes de stabilisation et de transparence pour les marches financiers. Enfin, le lancement d’une revue generale des politiques europeennes, de leur efficacite et de leur cout, analogue a la revue generale des politiques publiques que mon Gouvernement mene en France. Pour nous consacrer de maniere durable a la preparation de l’avenir, et mettre en œuvre les choix les plus clairs des Francais, il n’y a plus qu’un texte a ratifier. La France, future presidente, sera largement responsable de la mise en œuvre technique et politique du Traite au 1er janvier 2009. Ce projet de loi constitue la premiere etape, indispensable, a la ratification du Traite de Lisbonne par la France. Celles de la France, qui croit a son avenir europeen.
Je retrouve aujourd’hui un pays qui m’a beaucoup marque lorsque je l’ai visite, il y a quelques annees. C’etait en 1993. J’etais alors ministre de l’Enseignement superieur et de la Recherche. Et j’accompagnais le president Francois Mitterrand, venu saluer l’espoir suscite par votre recente independance. Je me rappelle avoir eu le sentiment de decouvrir un pays attachant, un pays fier, un pays au potentiel exceptionnel. Eh bien, je constate quelques annees apres, que cette intuition etait fondee. La France, qui, actuellement, sous l’autorite du president de la Republique, Nicolas Sarkozy, se reforme et se modernise, entend nouer des relations de confiance et de travail avec les pays qui seront les nouvelles puissances de demain. Eh bien, le votre fait, a l’evidence, partie de ceux la! La relation entre nos deux pays s’est enrichie ces dernieres annees: de tres nombreux operateurs francais ont developpe des activites economiques chez vous, les contacts entre nos ministres se sont multiplies, et nous avons accueilli le president Nazarbaev plusieurs fois en France. J’ai signe aujourd’hui une declaration sur un partenariat strategique entre la France et le Kazakhstan. Nous voulons multiplier les contacts, les echanges economiques, militaires, culturels, techniques, scientifiques, politiques, administratifs. C’est bien l’objet du partenariat strategique dont j’ai lance ce matin les travaux avec le Premier ministre Massimov. Avec un territoire grand comme cinq fois la France, exceptionnellement dote en ressources energetiques, le Kazakhstan a vocation a jouer un role majeur en Asie centrale. Ils doivent maintenant davantage unir leurs efforts, notamment a l’occasion de la presidence francaise de l’Union europeenne. Le ministre des Affaires etrangeres et europeennes, Monsieur Kouchner, se rendra au printemps a Astana et fera des propositions dans ce domaine. Eh bien, la France souhaite accompagner le Kazakhstan dans sa reponse a ce defi, notamment par le developpement de nos echanges economiques. Nous sommes deja le cinquieme investisseur etranger au Kazakhstan mais nos entreprises souhaitent aller beaucoup plus loin. Et comme je le disais il y a un instant, je suis venu a Astana avec une delegation de plus de 20 dirigeants d’entreprise, dont certaines sont parmi les plus grandes au plan mondial: Areva, Total, Thales, EADS, Gaz de France ou encore Alstom. Reciproquement, je veux vous dire que la France est une economie ouverte aux echanges et aux investissements: elle est d’ailleurs le 3e pays d’accueil des investissements etrangers dans le monde. Je veux dire un mot sur le nucleaire civil, ce domaine dans lequel la France a une expertise qui est mondialement reconnue depuis qu’elle a choisi, il y a presque 40 ans, d’en faire sa principale source d’energie, puisque chez nous 80 % de l’energie electrique est produite a partir des centrales nucleaires. A l’independance, le Kazakhstan a fait le choix, profondement respectable, d’abandonner le nucleaire militaire. Le Kazakhstan est candidat a l’Organisation Mondiale du Commerce, avec le soutien de la France. Le Kazakhstan doit prendre toute sa place dans les institutions internationales multilaterales. La Banque Mondiale et le Fonds Monetaire International, qui ont ete concus il y a un demi-siecle, doivent mieux representer les grands pays emergents. La France milite dans ce sens. Et, parallelement, nous souhaitons que ces pays doivent assument toutes leurs responsabilites et tous les devoirs qui decoulent de leur importance croissante. Apres la conference des Nations Unies a Bali, en decembre dernier, les pays developpes devront prendre des engagements contraignants. La France et l’Europe ont decide d’assumer tous ces engagements contraignants. Mais les grands pays emergents devront aussi - sur une base naturellement differenciee - apporter leur contribution a cet effort international pour preserver notre planete. Pour reconcilier le progres economique et le developpement durable, nous aurons besoin de l’engagement et de l’influence de pays comme le votre. Depuis la Revolution francaise, il y a deux siecles, la democratie et la reconnaissance des droits individuels figurent au cœur de notre histoire et de notre identite. Et depuis longtemps, la France se fait l’interprete des nations qui croient a leur independance. En 2010, le Kazakhstan presidera l’Organisation pour la securite et la cooperation en Europe. C’est une responsabilite majeure. Les regards seront tournes vers vous. Vous serez le premier Etat de la Communaute des États independants a assumer cette charge. La capacite du Kazakhstan a devenir le modele qu’il veut etre en matiere de droit et de bonne gouvernance constituera donc un exemple pour toute l’Asie centrale tout entiere. Je veux vous dire que dans la perspective de cette presidence, la France se propose de developper toutes les cooperations administratives entre nos pays. L’Union europeenne, c’est aujourd’hui 27 Etats membres, 490 millions d’habitants, c’est le premier exportateur mondial, avec un PIB superieur a celui des États-Unis, et une monnaie qui est desormais une reference mondiale. L’Union europeenne est donc aujourd’hui un acteur majeur de la mondialisation. Et dans cet esprit, j’estime que le Kazakhstan a vocation a etre un partenaire de premier plan de l’Union europeenne. L’Europe a deja engage un dialogue tres nourri avec l’Asie centrale - et particulierement avec votre pays-, notamment en matiere de politique strategique, de securite energetique, et de cooperation industrielle. Il faut poursuivre cet effort. Et comme vous le savez, a partir du 1er juillet 2008, c’est la France qui aura le privilege pendant six mois de diriger l’Union europeenne. Nous souhaitons que cette presidence nous permette d’accelerer le rapprochement entre l’Asie centrale et l’Europe. Eh bien, par ma presence, qui est, je crois, la premiere d’un chef du Gouvernement francais au Kazakhstan, je veux vous indiquer que la France est disposee a contribuer de toutes ses forces a cette vaste et belle entreprise.