Monsieur le Président, Mesdames et messieurs, Je voudrais si vous me le permettez d’abord remercier le Keidanren, son président Fujio Mitarai avec lequel je viens de m’entretenir, le vice-président Yonekura ainsi que l’ensemble de ses membres pour l’accueil qu’ils ont bien voulu me réserver aujourd’hui. Comme vous l’avez dit monsieur le vice-président, la France et le Japon célèbrent cette année un anniversaire important, le 150e anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques, e... lire la suite
Je voudrais si vous me le permettez d’abord remercier le Keidanren, son president Fujio Mitarai avec lequel je viens de m’entretenir, le vice-president Yonekura ainsi que l’ensemble de ses membres pour l’accueil qu’ils ont bien voulu me reserver aujourd’hui. Comme vous l’avez dit monsieur le vice-president, la France et le Japon celebrent cette annee un anniversaire important, le 150e anniversaire de l’etablissement de leurs relations diplomatiques, et pendant cette annee de commemoration, il se trouve que le Japon va presider le G8 et que la France assumera, au second semestre de l’annee, la presidence de l’Union europeenne. C’est donc une conjoncture propice au renforcement de nos liens d’amitie, a l’approfondissement de notre dialogue politique, et au developpement de nouvelles cooperations economiques et technologiques franco japonaises. J’ai evoque tous ces sujets, ce matin, avec votre Premier ministre et la visite qu’effectuera au mois de juillet le president de la Republique, Nicolas Sarkozy, sera l’occasion de confirmer cette volonte. Je voudrais a cet egard rendre hommage a la Chambre de commerce francaise au Japon, la plus importante a Tokyo apres la Chambre americaine. Cette Chambre de commerce et d’industrie francaise au Japon fete cette annee son centenaire. Et puis je voudrais rendre hommage aussi bien sur au club franco-japonais des affaires, dont je salue ici les deux copresidents, monsieur Yochiharu Fukuhara, le president honoraire de Shisheido, et monsieur Henri Lachmann. Pourquoi est-ce que le potentiel de nos relations economiques me parait encore trop peu exploite? D’abord parce qu’en matiere de commerce bilateral, les performances sont tres modestes. La France est le seizieme fournisseur du Japon, et sa part de marche stagne a moins de 2 % depuis une dizaine d’annees alors meme que la France represente environ 5 % du marche mondial. Notre balance commerciale bilaterale est desequilibree au detriment de la France, nous accusons un deficit commercial de plus de 4 milliards d’euros, alors meme que nous disposons de grandes entreprises reconnues et appreciees dans le monde entier, comme de petites et moyennes entreprises dynamiques et competentes dans pratiquement tous les secteurs de l’economie. Les chiffres ne sont donc pas a la hauteur de nos esperances et ils ne sont pas a la hauteur des capacites de notre economie. Nous avons evoque aujourd’hui, avec le Premier ministre Fukuda, les moyens de developper nos relations en assurant un acces reciproque aux exportateurs et aux investisseurs des deux pays. Cela n’est pas une question de droits de douane, les droits de douane entre la France et le Japon sont pour la plupart tres peu eleves. Il s’agit avant tout de reexaminer un certain nombre de reglementations qui ne contribuent pas a la fluidite des echanges. Il y a naturellement des raisons a l’existence de certaines barrieres non tarifaires, ces raisons sont liees aux traditions de chacun de nos pays et a la protection des consommateurs, mais pour d’autres de ces barrieres, je pense que nous devons nous poser la question de savoir si elles beneficient reellement aux consommateurs japonais, et finalement a l’economie japonaise tout entiere, ou si elles n’ont pas des effets indirects contreproductifs. Je voudrais donner un autre exemple de resultat decevant pour l’Europe, compare a ses aspirations, et je le fais en presence du president d’EADS, c’est l’exemple d’AIRBUS. AIRBUS, qui fait jeu egal avec BOEING dans le monde avec 50 % du marche global. AIRBUS, qui vient de s’imposer sur le territoire meme des Etats-Unis avec un marche de 179 appareils pour les appareils ravitailleurs de l’armee americaine. Eh bien AIRBUS dispose a peine de 5 % du marche japonais. C’est pourtant une entreprise qui propose un avion, l’A380, qui permet d’emporter plus de voyageurs plus loin en utilisant moins de carburant. Je pense qu’il est dans l’interet des consommateurs japonais et de toute l’economie japonaise de considerer l’offre qu’AIRBUS fait avec cet avion revolutionnaire. Enfin, et c’est sur ce point que je voudrais insister, mon pays a beaucoup a offrir parce qu’il est en train de beaucoup changer. Il est en train de beaucoup changer en particulier sous l’impulsion du president de la Republique, Nicolas Sarkozy, depuis son election il y a maintenant onze mois. Nous sommes en train de mettre en œuvre un train de reformes historiques avec un objectif simple: nous voulons mieux valoriser nos atouts, nous voulons liberer nos forces productives, nous voulons faire de la France une economie de plus en plus attractive pour les entreprises les plus dynamiques du monde et donc en premier lieu pour les entreprises japonaises. Nous avons commence a reformer notre marche du travail, pour le rendre moins rigide et plus dynamique. Nous encourageons le travail par un mecanisme fiscal de detaxation des heures supplementaires, nous sommes sortis definitivement de cette vision erronee qui postulait que c’est en partageant le travail disponible que l’on cree plus de richesse. Nous sommes en train de moderniser le contrat de travail, nous reformons l’assurance chomage pour edifier un modele de flexsecurite qui garantira aux entreprises davantage de flexibilite qu’il n’y en avait dans le systeme francais traditionnel. Parallelement, nous conduisons un tres grand effort de reformes dans le secteur de l’universite, de l’enseignement superieur et de la recherche. Pour favoriser l’emergence d’une economie de l’intelligence, nous renforcons notre potentiel de recherche. Nous avons reforme nos universites en profondeur pour leur donner beaucoup plus d’autonomie, afin de les aider a developper des projets et des partenariats innovants. Nous avons augmente considerablement les budgets de la Recherche et de l’Enseignement superieur et nous visons l’emergence, d’ici cinq ans, d’une dizaine de campus universitaires de visibilite mondiale. Nous avons engage un effort tres important de reformes et de soutien a la recherche et au developpement prive. Nous avons ainsi double les moyens pour soutenir l’innovation des petites et moyennes entreprises. Nous avons renforce notre dispositif fiscal d’aide a la recherche operee par les entreprises, ce qu’on appelle le credit impot recherche, en triplant l’engagement financier actuel. Ce dispositif est desormais le plus incitatif et le plus performant au sein de l’ensemble de l’Union europeenne. Voila mesdames et messieurs, comme vous le voyez, la France change, la France n’a pas peur de la mondialisation. Elle veut se donner simplement les moyens d’y participer pleinement, elle est deja pleinement inseree dans la plus grande zone de libre echange du monde, celle de l’Union europeenne, avec 500 millions de consommateurs et un produit interieur brut de 16 600 milliards de dollars. Elle veut maintenant accelerer son insertion dans le marche mondial. L’ouverture de l’economie c’est la performance des entreprises, c’est la simplicite des reglementations que j’evoquais tout a l’heure, c’est aussi la circulation des personnes et je voudrais, a cet egard, me feliciter que les mesures necessaires aient ete prises pour faciliter le deplacement des hommes et des femmes d’affaires entre nos deux pays. Je sais que c’etait une attente forte du Keidanren. De nouvelles mesures seront prises dans les prochains mois pour ameliorer encore l’accueil en France des dirigeants etrangers, de leurs salaries, de leur famille. Sur le plan franco-japonais, la convention de Securite sociale franco-japonaise du 25 fevrier 2005 et l’avenant a la convention fiscale du 11 janvier 2007 vont faciliter egalement grandement cette mobilite. De meme nous allons travailler avec le gouvernement japonais pour developper le nombre de jeunes Francais travaillant au Japon, comme volontaires internationaux en entreprise. Ce matin, avec le Premier ministre, nous avons voulu encourager le mouvement d’intensification des relations economiques entre nos deux pays en adoptant une declaration economique franco-japonaise. Ce texte detaille nos priorites communes, comme le renforcement de la lutte contre la contrefacon dans le monde, nos engagements mutuels, notamment la reduction des barrieres non tarifaires au commerce entre nos deux pays, et enfin les axes de cooperation renforcee entre les clusters japonais et les poles de competitivite francais. Nous avons aussi lance les initiatives France-Japon, un programme de plus de 100 rencontres economiques, technologiques et industrielles, qui sont organisees en France et au Japon en 2008. Enfin nous avons adopte une declaration commune sur le nucleaire. Il s’agit d’un secteur où nos deux pays sont des leaders mondiaux et des partenaires de premier plan, depuis trente cinq ans. J’aurai d’ailleurs l’occasion de visiter demain l’usine de retraitement de Rokkasho Mura, construite en partenariat avec AREVA. Je voudrais terminer en vous disant un mot des perspectives de cooperation qui s’ouvrent a nos deux pays, face aux grands defis globaux de notre epoque:le changement climatique, la question de la securite energetique, celle de l’instabilite economique et financiere, l’aide au developpement, la consolidation de la paix et de la securite. Sur tous ces sujets, nous avons des approches communes, nous partageons les memes valeurs, et nous sommes confrontes a des contraintes qui sont similaires. Nous avons donc tout interet a avancer la main dans la main. A nous de trouver des synergies entre la presidence japonaise du G8 et la presidence francaise de l’Union europeenne. Oeuvrons ensemble a la reforme des institutions multilaterales. Je veux rappeler que la France continuera de se battre pour que le Japon, l’Allemagne, le Bresil et l’Inde deviennent membres permanents du Conseil de securite, avec une representation equitable du continent africain. Je l’ai rappele ce matin au Premier ministre Fukuda, et le president de la Republique ne cesse de le rappeler a chaque fois que l’occasion lui en est donnee. La France est aussi attachee a ce que le G8 reflete les nouvelles realites mondiales, et donc s’ouvre progressivement aux grands pays emergents. Je pense qu’on ne peut pas rester ferme sur des schemas qui ne correspondent plus aux realites du monde d’aujourd’hui. On ne peut pas discuter des affaires du monde en ignorant 2 milliards et demi d’habitants qui ne sont pas convies a donner leur avis. Nous attendons en retour, des pays emergents, qu’ils acceptent les responsabilites qui leur reviennent dans le monde actuel et en particulier qu’ils s’engagent vigoureusement dans la lutte contre le rechauffement climatique. Outre cette renovation de la gouvernance mondiale nous devons traiter ensemble trois defis incontournables: le rechauffement climatique d’abord, la presidence japonaise a souhaite en faire la grande priorite du sommet du G8. Nous esperons que le sommet de Hokkaido permettra de faire progresser les negociations sur le climat dans le cadre des Nations Unies. Les pays industrialises ont un role essentiel pour montrer la voie vers une croissance "de carbonee" et pour inciter les pays emergents a participer reellement a la lutte contre le rechauffement. Le deuxieme sujet c’est l’aide au developpement, nous sommes en etroite concertation avec le Japon dans ce domaine. Le sommet de Hokkaido et la prochaine conference internationale de Tokyo sur le developpement de l’Afrique seront l’occasion de renforcer nos partenariats. Nous partageons avec le Japon, je l’ai encore verifie ce matin, la meme approche du developpement fondee sur le respect des criteres de bonne gouvernance avec trois priorites pour l’Afrique: developper l’aide au secteur prive, developper les infrastructures et ameliorer l’environnement des affaires.
Je voudrais si vous me le permettez d’abord remercier le Keidanren, son president Fujio Mitarai avec lequel je viens de m’entretenir, le vice-president Yonekura ainsi que l’ensemble de ses membres pour l’accueil qu’ils ont bien voulu me reserver aujourd’hui. Comme vous l’avez dit monsieur le vice-president, la France et le Japon celebrent cette annee un anniversaire important, le 150e anniversaire de l’etablissement de leurs relations diplomatiques, et pendant cette annee de commemoration, il se trouve que le Japon va presider le G8 et que la France assumera, au second semestre de l’annee, la presidence de l’Union europeenne. C’est donc une conjoncture propice au renforcement de nos liens d’amitie, a l’approfondissement de notre dialogue politique, et au developpement de nouvelles cooperations economiques et technologiques franco japonaises. J’ai evoque tous ces sujets, ce matin, avec votre Premier ministre et la visite qu’effectuera au mois de juillet le president de la Republique, Nicolas Sarkozy, sera l’occasion de confirmer cette volonte. Je voudrais a cet egard rendre hommage a la Chambre de commerce francaise au Japon, la plus importante a Tokyo apres la Chambre americaine. Cette Chambre de commerce et d’industrie francaise au Japon fete cette annee son centenaire. Et puis je voudrais rendre hommage aussi bien sur au club franco-japonais des affaires, dont je salue ici les deux copresidents, monsieur Yochiharu Fukuhara, le president honoraire de Shisheido, et monsieur Henri Lachmann. Pourquoi est-ce que le potentiel de nos relations economiques me parait encore trop peu exploite? D’abord parce qu’en matiere de commerce bilateral, les performances sont tres modestes. La France est le seizieme fournisseur du Japon, et sa part de marche stagne a moins de 2 % depuis une dizaine d’annees alors meme que la France represente environ 5 % du marche mondial. Notre balance commerciale bilaterale est desequilibree au detriment de la France, nous accusons un deficit commercial de plus de 4 milliards d’euros, alors meme que nous disposons de grandes entreprises reconnues et appreciees dans le monde entier, comme de petites et moyennes entreprises dynamiques et competentes dans pratiquement tous les secteurs de l’economie. Les chiffres ne sont donc pas a la hauteur de nos esperances et ils ne sont pas a la hauteur des capacites de notre economie. Nous avons evoque aujourd’hui, avec le Premier ministre Fukuda, les moyens de developper nos relations en assurant un acces reciproque aux exportateurs et aux investisseurs des deux pays. Cela n’est pas une question de droits de douane, les droits de douane entre la France et le Japon sont pour la plupart tres peu eleves. Il s’agit avant tout de reexaminer un certain nombre de reglementations qui ne contribuent pas a la fluidite des echanges. Il y a naturellement des raisons a l’existence de certaines barrieres non tarifaires, ces raisons sont liees aux traditions de chacun de nos pays et a la protection des consommateurs, mais pour d’autres de ces barrieres, je pense que nous devons nous poser la question de savoir si elles beneficient reellement aux consommateurs japonais, et finalement a l’economie japonaise tout entiere, ou si elles n’ont pas des effets indirects contreproductifs. Je voudrais donner un autre exemple de resultat decevant pour l’Europe, compare a ses aspirations, et je le fais en presence du president d’EADS, c’est l’exemple d’AIRBUS. AIRBUS, qui fait jeu egal avec BOEING dans le monde avec 50 % du marche global. AIRBUS, qui vient de s’imposer sur le territoire meme des Etats-Unis avec un marche de 179 appareils pour les appareils ravitailleurs de l’armee americaine. Eh bien AIRBUS dispose a peine de 5 % du marche japonais. C’est pourtant une entreprise qui propose un avion, l’A380, qui permet d’emporter plus de voyageurs plus loin en utilisant moins de carburant. Je pense qu’il est dans l’interet des consommateurs japonais et de toute l’economie japonaise de considerer l’offre qu’AIRBUS fait avec cet avion revolutionnaire. Enfin, et c’est sur ce point que je voudrais insister, mon pays a beaucoup a offrir parce qu’il est en train de beaucoup changer. Il est en train de beaucoup changer en particulier sous l’impulsion du president de la Republique, Nicolas Sarkozy, depuis son election il y a maintenant onze mois. Nous sommes en train de mettre en œuvre un train de reformes historiques avec un objectif simple: nous voulons mieux valoriser nos atouts, nous voulons liberer nos forces productives, nous voulons faire de la France une economie de plus en plus attractive pour les entreprises les plus dynamiques du monde et donc en premier lieu pour les entreprises japonaises. Nous avons commence a reformer notre marche du travail, pour le rendre moins rigide et plus dynamique. Nous encourageons le travail par un mecanisme fiscal de detaxation des heures supplementaires, nous sommes sortis definitivement de cette vision erronee qui postulait que c’est en partageant le travail disponible que l’on cree plus de richesse. Nous sommes en train de moderniser le contrat de travail, nous reformons l’assurance chomage pour edifier un modele de flexsecurite qui garantira aux entreprises davantage de flexibilite qu’il n’y en avait dans le systeme francais traditionnel. Parallelement, nous conduisons un tres grand effort de reformes dans le secteur de l’universite, de l’enseignement superieur et de la recherche. Pour favoriser l’emergence d’une economie de l’intelligence, nous renforcons notre potentiel de recherche. Nous avons reforme nos universites en profondeur pour leur donner beaucoup plus d’autonomie, afin de les aider a developper des projets et des partenariats innovants. Nous avons augmente considerablement les budgets de la Recherche et de l’Enseignement superieur et nous visons l’emergence, d’ici cinq ans, d’une dizaine de campus universitaires de visibilite mondiale. Nous avons engage un effort tres important de reformes et de soutien a la recherche et au developpement prive. Nous avons ainsi double les moyens pour soutenir l’innovation des petites et moyennes entreprises. Nous avons renforce notre dispositif fiscal d’aide a la recherche operee par les entreprises, ce qu’on appelle le credit impot recherche, en triplant l’engagement financier actuel. Ce dispositif est desormais le plus incitatif et le plus performant au sein de l’ensemble de l’Union europeenne. Voila mesdames et messieurs, comme vous le voyez, la France change, la France n’a pas peur de la mondialisation. Elle veut se donner simplement les moyens d’y participer pleinement, elle est deja pleinement inseree dans la plus grande zone de libre echange du monde, celle de l’Union europeenne, avec 500 millions de consommateurs et un produit interieur brut de 16 600 milliards de dollars. Elle veut maintenant accelerer son insertion dans le marche mondial. L’ouverture de l’economie c’est la performance des entreprises, c’est la simplicite des reglementations que j’evoquais tout a l’heure, c’est aussi la circulation des personnes et je voudrais, a cet egard, me feliciter que les mesures necessaires aient ete prises pour faciliter le deplacement des hommes et des femmes d’affaires entre nos deux pays. Je sais que c’etait une attente forte du Keidanren. De nouvelles mesures seront prises dans les prochains mois pour ameliorer encore l’accueil en France des dirigeants etrangers, de leurs salaries, de leur famille. Sur le plan franco-japonais, la convention de Securite sociale franco-japonaise du 25 fevrier 2005 et l’avenant a la convention fiscale du 11 janvier 2007 vont faciliter egalement grandement cette mobilite. De meme nous allons travailler avec le gouvernement japonais pour developper le nombre de jeunes Francais travaillant au Japon, comme volontaires internationaux en entreprise. Ce matin, avec le Premier ministre, nous avons voulu encourager le mouvement d’intensification des relations economiques entre nos deux pays en adoptant une declaration economique franco-japonaise. Ce texte detaille nos priorites communes, comme le renforcement de la lutte contre la contrefacon dans le monde, nos engagements mutuels, notamment la reduction des barrieres non tarifaires au commerce entre nos deux pays, et enfin les axes de cooperation renforcee entre les clusters japonais et les poles de competitivite francais. Nous avons aussi lance les initiatives France-Japon, un programme de plus de 100 rencontres economiques, technologiques et industrielles, qui sont organisees en France et au Japon en 2008. Enfin nous avons adopte une declaration commune sur le nucleaire. Il s’agit d’un secteur où nos deux pays sont des leaders mondiaux et des partenaires de premier plan, depuis trente cinq ans. J’aurai d’ailleurs l’occasion de visiter demain l’usine de retraitement de Rokkasho Mura, construite en partenariat avec AREVA. Je voudrais terminer en vous disant un mot des perspectives de cooperation qui s’ouvrent a nos deux pays, face aux grands defis globaux de notre epoque:le changement climatique, la question de la securite energetique, celle de l’instabilite economique et financiere, l’aide au developpement, la consolidation de la paix et de la securite. Sur tous ces sujets, nous avons des approches communes, nous partageons les memes valeurs, et nous sommes confrontes a des contraintes qui sont similaires. Nous avons donc tout interet a avancer la main dans la main. A nous de trouver des synergies entre la presidence japonaise du G8 et la presidence francaise de l’Union europeenne. Oeuvrons ensemble a la reforme des institutions multilaterales. Je veux rappeler que la France continuera de se battre pour que le Japon, l’Allemagne, le Bresil et l’Inde deviennent membres permanents du Conseil de securite, avec une representation equitable du continent africain. Je l’ai rappele ce matin au Premier ministre Fukuda, et le president de la Republique ne cesse de le rappeler a chaque fois que l’occasion lui en est donnee. La France est aussi attachee a ce que le G8 reflete les nouvelles realites mondiales, et donc s’ouvre progressivement aux grands pays emergents. Je pense qu’on ne peut pas rester ferme sur des schemas qui ne correspondent plus aux realites du monde d’aujourd’hui. On ne peut pas discuter des affaires du monde en ignorant 2 milliards et demi d’habitants qui ne sont pas convies a donner leur avis. Nous attendons en retour, des pays emergents, qu’ils acceptent les responsabilites qui leur reviennent dans le monde actuel et en particulier qu’ils s’engagent vigoureusement dans la lutte contre le rechauffement climatique. Outre cette renovation de la gouvernance mondiale nous devons traiter ensemble trois defis incontournables: le rechauffement climatique d’abord, la presidence japonaise a souhaite en faire la grande priorite du sommet du G8. Nous esperons que le sommet de Hokkaido permettra de faire progresser les negociations sur le climat dans le cadre des Nations Unies. Les pays industrialises ont un role essentiel pour montrer la voie vers une croissance "de carbonee" et pour inciter les pays emergents a participer reellement a la lutte contre le rechauffement. Le deuxieme sujet c’est l’aide au developpement, nous sommes en etroite concertation avec le Japon dans ce domaine. Le sommet de Hokkaido et la prochaine conference internationale de Tokyo sur le developpement de l’Afrique seront l’occasion de renforcer nos partenariats. Nous partageons avec le Japon, je l’ai encore verifie ce matin, la meme approche du developpement fondee sur le respect des criteres de bonne gouvernance avec trois priorites pour l’Afrique: developper l’aide au secteur prive, developper les infrastructures et ameliorer l’environnement des affaires.
C’est afin de saluer le role du droit europeen que j’ai profite de ma rencontre avec Jean-Claude Juncker vendredi dernier a Luxembourg pour accomplir la premiere visite d’un Premier ministre francais aupres de la Cour de Justice de l’Union europeenne Constatons-le une fois de plus, avec une reconnaissance particuliere pour ceux dont le courage a precede et prepare nos efforts: devant cet exceptionnel objet de fierte qu’est l’Europe, les hesitations, les lenteurs, les reticences ont toujours cede le pas. Encore cette satisfaction institutionnelle n’est-elle pas la seule raison de mon intervention: d’autres motifs relevent de mon sentiment intime, et je sais qu’ils parlent des Francais. Convenons que l’action du president de la Republique, en prenant la mesure des craintes francaises, a fait tomber devant nous la plupart des obstacles a ce vote. Premier obstacle, la nature meme du texte. La notion de constitution paraissait redoutable, elle a disparu. Le Traite de Lisbonne complete et affine les traites existants. Il respecte le Traite sur l’Union Europeenne et le Traite sur la Communaute Europeenne, rebaptise "Traite sur le fonctionnement de l’Union", sans se placer au-dessus d’eux. Les symboles constitutionnels ont disparu. Conformement au desir des Francais, le meme traite renforce le role et les competences des Etats et des collectivites territoriales. Il precise et eclaire leurs prerogatives. Il indique ainsi, explicitement, que la securite nationale reste "de la seule responsabilite de chaque Etat membre". Pour preserver les services publics, auquel l’attachement de nos concitoyens est regulierement rappele, le role determinant des autorites nationales, regionales et locales dans leur organisation se voit desormais garanti. Chaque pays possede, en matiere sociale, ses approches, ses traditions et ses exigences. Pour qu’elles soient reconnues de maniere respectueuse, les partenaires sociaux se voient confirmes dans leurs missions. Le Traite de Lisbonne instaure une clause sociale generale, de portee tres large. Aux termes de cette clause, l’Union devra prendre les exigences sociales en compte dans l’ensemble de ses politiques. Par ce biais, je veux le repeter devant vous, la perennite de nos services publics recoit de l’Europe une garantie exceptionnelle, la plus forte depuis les premices de notre engagement communautaire. Et bien, la verite, c’est qu’il n’existe qu’une seule France; qu’elle souhaite jouer son role dans la construction europeenne; et que si elle a pu faire preuve de beaucoup de circonspection devant les manieres d’y parvenir, elle tient, avec le Traite de Lisbonne, une reelle occasion d’accomplir sa volonte selon ses vœux.
Je vous remercie de m’avoir invite a m’exprimer devant vous, dans cette Academie de l’administration publique qui symbolise les progres du Kazakhstan. Je retrouve aujourd’hui un pays qui m’a beaucoup marque lorsque je l’ai visite, il y a quelques annees. C’etait en 1993. J’etais alors ministre de l’Enseignement superieur et de la Recherche. Et j’accompagnais le president Francois Mitterrand, venu saluer l’espoir suscite par votre recente independance. Je me rappelle avoir eu le sentiment de decouvrir un pays attachant, un pays fier, un pays au potentiel exceptionnel. Eh bien, je constate quelques annees apres, que cette intuition etait fondee. Nous voulons multiplier les contacts, les echanges economiques, militaires, culturels, techniques, scientifiques, politiques, administratifs. C’est bien l’objet du partenariat strategique dont j’ai lance ce matin les travaux avec le Premier ministre Massimov. Ils doivent maintenant davantage unir leurs efforts, notamment a l’occasion de la presidence francaise de l’Union europeenne. Le ministre des Affaires etrangeres et europeennes, Monsieur Kouchner, se rendra au printemps a Astana et fera des propositions dans ce domaine. En 2010, le Kazakhstan presidera l’Organisation pour la securite et la cooperation en Europe. C’est une responsabilite majeure. Les regards seront tournes vers vous. Vous serez le premier Etat de la Communaute des États independants a assumer cette charge. La capacite du Kazakhstan a devenir le modele qu’il veut etre en matiere de droit et de bonne gouvernance constituera donc un exemple pour toute l’Asie centrale tout entiere. L’Union europeenne, c’est aujourd’hui 27 Etats membres, 490 millions d’habitants, c’est le premier exportateur mondial, avec un PIB superieur a celui des États-Unis, et une monnaie qui est desormais une reference mondiale. L’Union europeenne est donc aujourd’hui un acteur majeur de la mondialisation. Et dans cet esprit, j’estime que le Kazakhstan a vocation a etre un partenaire de premier plan de l’Union europeenne.
Je suis venu, en effet, pour la premiere fois, s’agissant d’un Premier ministre de la Republique francaise, depuis bien longtemps, visiter la gendarmerie. A la fois, le Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale, le prestigieux GIGN, que le monde entier nous envie, et qui est un sujet de fierte, a la fois pour nos armees, pour la gendarmerie et pour notre nation tout entiere. Et puis, la gendarmerie departementale de l’Eure. Naturellement, Jean-Pierre, le Premier ministre sera tres attentif aux demandes qui sont celles de la ville d’Evreux, et aux demandes qui sont celles du departement de l’Eure pour se doter des equipements dont il a besoin pour se developper. Je pense a la deux fois deux voies ou aux equipements culturels et sportifs. Et s’agissant des equipements sportifs, je crois que demain, j’aurai l’occasion de prendre les decisions de financement, en matiere notamment, de FNADT, qui permettront a la ville d’Evreux d’obtenir ce qu’elle souhaite, et de realiser ses projets. Je veux dire que la generosite du Premier ministre a l’egard de la ville d’Evreux est deja tres grande puisque je vous ai donne le meilleur directeur d’hopital que je connaisse! Et je veux vous le recommander puisqu’il est tellement bon d’ailleurs, que dans la Sarthe, où il a sevi pendant longtemps, il avait reussi l’exploit de diriger deux hopitaux a la fois. Donc il va etre sous-employe ici a Evreux, puisqu’il n’en dirigera qu’un seul! Nous avons engage, sous l’autorite du president de la Republique, un effort de reformes sans precedent. Et nous avons engage cet effort de reformes avec la volonte de tout faire vite. Pourquoi? Parce que notre pays ne peut pas attendre, parce que notre pays est menace par une mondialisation a laquelle il ne s’est pas suffisamment prepare. Pendant trop longtemps, la France a cru qu’elle avait suffisamment de richesses, que son heritage culturel, que ses traditions sociales, que son organisation economique etaient suffisamment efficaces et suffisamment brillantes pour qu’elle ne soit pas concernee par les changements qui affectaient toutes les regions du monde, les unes apres les autres. Et aujourd’hui, il nous faut reparer cet immobilisme qui n’a que trop dure et engager toutes les reformes, avec un objectif qui est finalement tres simple: nous voulons que dans cinq ans, la France soit parmi les trois premiers pays europeens en matiere de croissance. Nous voulons ramener nos finances publiques a l’equilibre. La encore, beaucoup d’autres pays europeens l’ont fait dans un delai tres court, et se trouvent aujourd’hui dans une situation bien plus confortable que la notre. Je vois defiler a l’hotel de Matignon beaucoup de chefs de gouvernement de toute l’Europe et certains d’entre eux me confient que l’une des difficultes qu’ils rencontrent aujourd’hui, c’est la difficulte de repartir les excedents budgetaires parce que tout le monde veut sa part des excedents budgetaires. Je les regarde en me disant que le jour où le Premier ministre francais n’aura plus comme souci que celui de repartir les excedents budgetaires, c’est que notre pays aura fait des progres considerables.
Je mesure l’honneur que vous me faites, en invitant pour la premiere fois un Premier ministre a s’exprimer en ces lieux. Du grand rabbin David Sintzheim, son premier president, jusqu’a Jean Kahn, a qui je veux rendre un hommage tout particulier ce soir, son efficacite ne s’est jamais dementie. Celle de Leon Blum, premier president du Conseil d’origine juive, mais aussi litterateur, juriste, opposant infatigable et genereux aux injustices de son siecle. Celles des penseurs: Durkheim, le pere de la sociologie; Bernard Lazare, le premier dreyfusard avec Zadoc Kahn, le grand rabbin de l’epoque; Edmond Fleg, l’essayiste et romancier, fondateur de l’amitie judeo-chretienne de France, qui a donne son nom a votre centre pour les etudiants, que vous avez recemment inaugure. Le patriotisme de la communaute juive n’a jamais flechi. Malgre certains prejuges et devant les vexations qu’une partie de la societe francaise lui opposa en plusieurs circonstances, l’amour de la France ne s’est jamais epuise. Le Consistoire central a su s’affirmer comme un interlocuteur stable et responsable de l’Etat, avec lequel il n’a cesse d’entretenir des relations de travail constructives. Il en va de meme de chaque consistoire regional, et au premier chef de celui de Paris-Ile-de- France, qui nous fait l’amitie de nous recevoir aujourd’hui en cette synagogue de la Victoire. Tout le conduit a jouer un role majeur dans cette laicite positive que le president de la Republique appelle de ses vœux. La loi de 1905 ne s’y est pas trompee, elle qui dispose clairement dans son premier article: "la Republique assure la liberte des consciences. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions edictees dans l’interet de l’ordre public". S’agissant du delicat probleme de l’abattage rituel, j’ai souhaite que vous soyez etroitement associes a la reflexion qui a ete confiee au ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, au sujet de la protection animale. Je crois aujourd’hui essentiel de concilier celle-ci avec le respect de notre patrimoine culturel et religieux. Concernant enfin les carres confessionnels, la recente circulaire de la ministre de l’Interieur relative a la police des sepultures sensibilise les prefets a la question.
Je voudrais vous dire tout le plaisir que j’ai avec Christine Lagarde et Michel Barnier de vous rencontrer. Il parait qu’il n’est pas tres courant qu’un Premier ministre vienne a Washington, c’est meme la premiere fois depuis dix ans. Il y a a cela des raisons. D’abord un engagement de longue date que j’avais pris envers le president de l’American Jewish committee, avec lequel j’ai beaucoup travaille, notamment comme ministre de l’Education, au moment où nous avions en France des soucis avec la remontee de l’antisemitisme, que nous avons d’ailleurs reussi a eradiquer. Et puis, l’autre raison, c’est la crise financiere internationale qui, comme vous l’imaginez, necessite une meilleure coordination de nos economies. Et donc, des contacts plus frequents entre les Gouvernements. Souvenez-vous de la situation des universites francaises bloquees. Combien de gouvernements, de gauche comme de droite, ont tente d’apporter une amelioration a la situation des universites francaises et ont du renoncer devant le blocage immediat. Nous avons fait voter a l’ete un texte sur l’autonomie des universites, nous avons donne aux universites le choix de leur statut. Aujourd’hui, deja 60 % des universites francaises ont opte pour le statut d’autonomie. Nous sommes en train de passer - alors c’est long, c’est difficile, il y a des crispations - mais nous sommes en train de passer d’une culture de l’affrontement a celle du compromis social que beaucoup d’autres pays deja en Europe ont adoptee depuis longtemps. Voila la realite. Nous allons poursuivre nos efforts, avec une loi de modernisation de l’economie que Christine Lagarde doit presenter devant le Parlement dans quelques jours, et qui vise notamment a mettre plus de concurrence dans l’economie francaise, a creer une grande autorite independante de la concurrence qui va supprimer toutes les organisations qui existaient jusqu’a maintenant, et renforcer la concurrence dans notre pays, notamment dans la grande distribution, permettre la negociabilite des prix. Nous allons aider les entreprises, et en particulier les petites et moyennes entreprises, a se developper en reduisant les delais de paiement, en supprimant les effets de seuil qui conduisent si souvent des chefs d’entreprises francais a ne pas grandir pour ne pas avoir a affronter les consequences de ces effets de seuil.
C’est tenir la plume pour un peuple, quitte a faire taire, pour un temps, nos filiations partisanes. Je m’adresse aujourd’hui a vous dans ce double esprit de responsabilite historique et de cohesion nationale. Je veux, devant vous, souligner, avec solennite, le caractere exceptionnel du texte qui nous occupe. L’ancien Premier ministre, Édouard Balladur, a joue dans cette reflexion novatrice et consensuelle un role decisif que je tiens a saluer avec une gratitude particuliere. Le groupe de travail constitue sous sa presidence etait compose d’experts de tous bords, de personnalites aux sensibilites variees, adverses meme. Le comite de reflexion preside par Édouard Balladur suggerait de modifier les articles 5, 20 de la Constitution, qui precisent la repartition des roles entre le president de la Republique, le Premier ministre et le Gouvernement. Il permet au chef de l’État de s’exprimer devant le Parlement, sans que cette intervention ne puisse donner lieu a un vote. En proposant de la reserver au Parlement reuni en Congres, votre rapporteur marque encore davantage le caractere exceptionnel de cette intervention du president de la Republique. Cela correspond a nos intentions, et le Gouvernement donnera un avis favorable a cet amendement. L’evolution du role devolu a l’autorite judiciaire dans une democratie moderne recommande que le president de la Republique cesse d’en assurer la presidence. Celle-ci pourra etre confiee au Premier president de la Cour de cassation et au procureur general pres la cour de cassation. au pouvoir de prolonger une intervention militaire;
Devant le Parlement, son projet fut adopte a une courte majorite - avant d’echouer a reunir les 3/5e du Congres. Entre les deux, un certain nombre de parlementaires s’etait trouve "d’excellents" arguments pour rester en retrait de cette reforme. Les uns estimant qu’elle allait trop loin, les autres pas assez loin. Vous savez mieux que personne comment la pratique politique a altere l’exercice de vos droits, et ramene la question institutionnelle au premier plan de notre reflexion. Innovant, parce que l’ampleur du projet qui vous est soumis le place au tout premier rang des revisions envisagees depuis 1962. Je veux exprimer une gratitude particuliere au groupe d’experts de tous bords, preside par l’ancien Premier ministre Édouard Balladur, qui a defini les premieres lignes du projet; mais aussi saluer la Commission presidee par le senateur Hyest, qui l’a examine avec pragmatisme et ouverture. • Parce que le succes du dialogue parlementaire depend des garanties accordees a l’opposition, le Gouvernement se declare pret a lever les obstacles constitutionnels qui interdisaient jusqu’ici l’octroi de droits particuliers aux partis non majoritaires. Il table ici sur votre confiance, sur votre sens de l’interet commun. La fixation de l’ordre du jour, une fois par mois, en sera le premier test. • Au vu de ces garanties, je crois tres acceptable, et d’autant plus legitime, que le President se voit reconnaitre le droit d’intervenir sans vote devant le Congres. Par sa definition tres restrictive, le projet qui vous est soumis conserve a cette intervention presidentielle un caractere exceptionnel. Il la transmettra au Premier president de la Cour de cassation ou a son procureur general. Pour garantir son independance et son ouverture, des personnalites qualifiees seront appelees a y sieger Il porte aussi la marque de la raison. Les droits que ce projet depose devant vous sont nombreux et importants.
La France est a present placee devant un tres large arc de crise: une zone allant de l’Atlantique a l’Ocean Indien, où ses interets strategiques se concentrent. Comme la plupart des pays europeens, elle est aujourd’hui plus vulnerable qu’elle ne l’etait dans les annees 1990. Elle l’est, parce que, a l’epoque, l’equilibre de la terreur couvrait et dissuadait la plupart des scenarios conflictuels. Le passage a la professionnalisation des forces a ete reussi. Il reste maintenant a le completer et a l’affuter en termes d’organisation et en termes d’equipements. Nous avons, avec le ministre de la Defense, fixe des objectifs clairs: nous voulons que la France soit capable de projeter 30.000 hommes, 70 avions de combats, 1 groupe aeronaval et 2 groupes maritimes. Ce Conseil de Defense et de Securite nationale sera preside par le president de la Republique. Il dotera l’État, au plus haut niveau, d’une enceinte où des sujets tels que la programmation militaire, la programmation de la securite interieure, la politique de dissuasion, la lutte contre le terrorisme ou encore la planification des reponses aux crises majeures pourront etre abordees. Le Conseil national du renseignement en sera une des formations et il revient au Premier ministre la charge de diriger l’application de l’ensemble des decisions qui y seront prises. Elle suppose notamment, dans le domaine industriel, le maintien des bureaux d’etudes et la realisation de demonstrateurs precurseurs d’une serie de materiels qui pourraient etre lances en fonction des besoins. Dans tous les domaines - prevention, intervention, protection - nous devons demeurer a un niveau de credibilite, qui garantisse notre capacite de reaction. Dans un premier temps, jusqu’en 2012, ils augmenteront a la hauteur de l’inflation. Cet effort sera rendu possible au premier chef par les marges de manœuvre budgetaires que la reduction des effectifs doit nous assurer. Nous voulons mettre en place une nouvelle organisation qui reposera sur 90 «bases de defense», reparties dans 400 communes, et qui pourront mutualiser leurs moyens de soutien au profit de 2 800 personnes en moyenne par base. Cette reorganisation se traduira par un certain nombre de fermetures ou de transferts d’unites militaires. Ces mesures seront completees par un large dispositif d’accompagnement: Celles-ci font partie des meilleures du monde. Et je veux ici, devant vous et avec vous, rendre hommage au courage de ces hommes et de ces femmes qui frolent quotidiennement la mort, loin de leurs familles et loin de leurs foyers.