... lire la suite
Mais aujourd’hui, apres avoir ete une ville a genoux, Saint-Etienne est a nouveau une ville debout ! C’est une ville qui regarde vers l’avenir ; grace a un effort exceptionnel, grace a une mobilisation de tous les talents, vous avez su reprendre les renes de votre destin. Ce sursaut, c’est celui de la France qui se rebelle contre la fatalite et qui refuse le declin. Depuis six mois, le Gouvernement, travaille dur pour moderniser la France. Nos objectifs sont eleves, ils sont en meme temps assez simples a comprendre : on veut remettre notre pays au niveau de nos principaux partenaires, on veut relancer la croissance, on veut reduire le chomage et on veut reequilibrer nos finances publiques. Ce ne sont pas des objectifs inatteignables. Pourquoi est-ce que la France serait le seul pays europeen condamne a avoir moins de croissance que les autres ? Est-ce que nous aurions moins de richesses, moins de genie, moins de culture, moins de savoir-faire, moins de tradition ? Evidemment non ! On en a plutot plus que les autres. Et pourtant, on a regulierement, depuis 30 ans, 1 point de croissance de moins que les pays europeens les plus efficaces. Reduire le chomage, est-ce que c’est a notre portee ? Les autres l’ont fait. Le taux de chomage de tous les grands pays europeens aujourd’hui est proche du plein emploi. Nous, nous avons enregistre, ces deux derniers mois, des resultats exceptionnels. Nous sommes aujourd’hui, avec un taux de chomage de l’ordre de 8 %, a un niveau qui est historiquement bas depuis 1982. C’est le meilleur resultat depuis 1982. Eh bien, meme avec ce resultat, nous sommes 25eme des pays europeens en terme de performance en matiere de chomage. C’est dire si on a encore une grande marge de progression devant nous. Et puis enfin, ramener nos comptes a l’equilibre. La aussi, cela fait 33 ans que nous n’avons pas connu un budget en equilibre. Cela fait 33 ans qu’on s’endette pour financer nos depenses de fonctionnement. Eh bien la encore, pour beaucoup de Francais qui sont nes avec cette situation, ils ont l’impression que cela peut durer toujours. Nous savons bien que ca ne peut pas durer toujours, et surtout quand on regarde autour de nous, on voit d’autres pays europeens, qui etaient dans une situation pire que la notre, et qui aujourd’hui ont des excedents budgetaires. J’etais il y a quelques jours en Suede : le Premier ministre suedois me disait : "moi, mon probleme, c’est de savoir ce que je vais faire de mes excedents budgetaires". Franchement, je suis pret a changer tout de suite la situation difficile qui est la sienne avec la mienne. Saint-Etienne est une des rares villes a beneficier d’une Operation d’interet national. L’objectif : federer les moyens d’action de l’Etat et des collectivites, et batir pour la metropole stephanoise un nouveau developpement economique et urbanistique. Notre effort est global. Nous renovons les zones urbaines qui en ont besoin. Nous renforcons les moyens pour assurer la securite des habitants. J’ai rencontre, je le disais tout a l’heure, les forces de police ce matin. Je veux a nouveau leur rendre hommage : elles accomplissent un travail remarquable, difficile, pour combattre la delinquance, pour elucider les faits commis, pour ameliorer l’accueil des victimes. Face a la violence et aux voyous, notre politique est tres claire : c’est la fermete et l’autorite republicaine.
C’est afin de saluer le role du droit europeen que j’ai profite de ma rencontre avec Jean-Claude Juncker vendredi dernier a Luxembourg pour accomplir la premiere visite d’un Premier ministre francais aupres de la Cour de Justice de l’Union europeenne Il a compris que les partisans du "non" et ceux du "oui" , s’ils ne s’accordaient pas sur une meme idee de l’Europe, partageaient le meme desir de la voir avancer. Il s’est alors efforce de transcender les clivages qui, en divisant la France, immobilisaient l’Europe. Il s’est engage, pendant la campagne presidentielle, a ce qu’aboutissent, rapidement, nos points de consensus. Sa promesse etait realiste, transparente. Elle a ete invariable: negocier un nouveau traite, plus simple, qui concretise les avancees institutionnelles urgentes, tout en prenant acte des craintes exprimees par le "non" majoritaire; une fois ce traite negocie, le faire valider le plus rapidement possible par le Parlement. C’est fort de la confiance que les Francais lui ont accorde que le president de la Republique, en coordination avec Madame Angela Merkel, presidente de l’Union, a negocie le Traite nouveau. Premier obstacle, la nature meme du texte. La notion de constitution paraissait redoutable, elle a disparu. Le Traite de Lisbonne complete et affine les traites existants. Il respecte le Traite sur l’Union Europeenne et le Traite sur la Communaute Europeenne, rebaptise "Traite sur le fonctionnement de l’Union", sans se placer au-dessus d’eux. Les symboles constitutionnels ont disparu. Le nouveau Traite ouvre la possibilite, pour un groupe d’Etats, de creer des "cooperations structurees" dotees de pouvoirs larges. Il cree, pour la Defense europeenne, ce cadre d’action dont des crises regionales rappellent regulierement la necessite. Le defi energetique s’annonce, avec le defi environnemental, comme l’un des grands defis du siecle prochain. Pour le relever, le nouveau Traite instaure le principe essentiel de la solidarite entre les Etats membres. Il offre au Conseil la possibilite d’adopter les mesures necessaires, en cas de difficulte d’approvisionnement energetique.
Au-dela des priorites de la presidence francaise, je veux me rejouir de la chance qui m’est donnee d’effectuer cette visite a un moment que nous esperons tous crucial pour l’histoire de l’ile, quelques semaines apres la premiere rencontre entre le president Christofias et le chef de la communaute chypriote-turque, M.Talat, apres l’ouverture d’un nouveau point de passage rue Ledra au coeur de Nicosie, et apres le debut des travaux des groupes d’experts, qui concretise le lancement du processus de negociation. Francois Fillon: Nous sommes extremement preoccupes par ces violences. Nous savons que ces violences peuvent conduire a un engrenage qui, lui-meme, conduirait a la guerre civile. Il faut lever les barrages, il faut rouvrir les routes et l’aeroport. Comme le montre l’histoire du Liban, il n’y a pas d’autre solution que politique. Les elements de cette solution sont connus, ce sont ceux du plan de la Ligue arabe. Nous soutenons les institutions libanaises, nous soutenons le Gouvernement et l’armee, a qui il revient de preserver la stabilite et la securite du pays. Les autorites francaises sont mobilisees pour trouver avec tous les acteurs concernes avec lesquels nous sommes en contact permanent, a commencer par la Ligue arabe, une solution politique a la crise. Le ministre des Affaires etrangeres francais a appele aujourd’hui meme le Premier ministre libanais, il doit s’entretenir dans les prochaines heures avec tous les principaux dirigeants du pays afin de contribuer a la reprise du dialogue. Enfin, naturellement, notre ambassade est mobilisee pour assurer la securite des Francais. Elle nous informe en temps reel et nous sommes prets a reagir a toute evolution de la situation.
Il fallait que je devienne Premier ministre pour que je recoive la medaille d’honneur de la ville d’Avrille, car comme l’a dit tout a l’heure Marc, dans le passe nous etions plutot en competition et en concurrence, et, je doute qu’il m’ait remis a medaille d’honneur de la ville. Lorsque j’essayais d’attirer une entreprise a Sable, si je gagnais, naturellement, il etait mecontent; et si c’etait lui qui gagnait, c’est moi qui etait mecontent. Mais enfin, ceci pour dire que dans cette region des Pays de la Loire, on s’est beaucoup battu pour le developpement economique, et des villes comme Avrille, comme Sable, toutes ces petites villes qui font le tissu economique des Pays de la Loire ont ete des moteurs de notre developpement. Merci, mon cher Marc, de ton accueil. Il est le symbole de notre volonte commune de donner a notre jeunesse, puisque c’est le sujet de ma visite aujourd’hui a Avrille, avec le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, le pouvoir de reussir et de grandir dans un pays entreprenant, dans un pays creatif et dans un pays solidaire. Avec vous, avec Xavier Darcos, nous partageons la meme conviction, la prosperite de notre pays, sa cohesion nationale, le sens de la fraternite, se dessinent d’abord au sein de l’institution scolaire. Nous venons d’assister aux Jeux Olympiques, et nous avons tous ete impressionnes par la puissance, par la capacite d’organisation, par l’intelligence des Chinois qui accueillaient cette grande rencontre sportive internationale. Mais qu’est ce qui fait que la Chine, tout d’un coup, a fait irruption parmi les grands pays qui disputent aux pays developpes leur suprematie en matiere economique? C’est bien entendu leur population - pres d’un milliard et demi d’habitants-, mais ce n’est pas nouveau que la Chine soit un pays peuple. Ce qui a fait la difference, c’est une organisation economique qui fait un peu plus de place a la concurrence, et surtout, un immense effort de formation des personnes. La Chine a mise sur l’Education. La Chine forme aujourd’hui plus d’ingenieurs que n’en forment les Etats-Unis et l’Europe reunis. C’est bien l’education qui sera l’arme principale de la competition internationale dans laquelle notre pays est engage. Nous devons miser a fond sur l’intelligence, nous devons miser a fond sur la formation. Nous savons depuis des annees, notre pays est celui parmi les pays developpes dont les horaires de cours sont les plus eleves. S’agissant du lycee - je parle sous le controle du ministre de l’Education nationale-, la moyenne des horaires d’un lyceen europeen doit etre autour de 900 heures, quand la moyenne d’un lyceen francais est autour de 1.100, voire meme un peu plus de 1.100 heures. Si les resultats etaient a la hauteur de cette difference, nous n’aurions pas a nous en plaindre, mais ce n’est pas le cas. La verite, c’est que, depuis des annees, on a augmente les matieres, augmente les responsabilites, les taches demandees a l’ecole, sans tenir compte du rythme des enfants, de leur capacite d’apprehender l’ensemble des connaissances qui leur sont proposees.
Monsieur le Premier ministre, cher Alain Juppe, Nous jouons un role cle pour tenter de dissuader l’Iran de se doter de l’arme nucleaire. Au Liban, nous avons exhorte sans exclusive, mais sans complaisance toutes les parties, a maitriser une crise qui menacait de degenerer a nouveau en affrontement arme. Et je me rendrais d’ailleurs sur place a Beyrouth a l’automne en compagnie d’une tres importante delegation de chefs d’entreprise francais, pour contribuer a la reprise du developpement economique du pays. En Palestine, comme en Israel le president de la Republique n’a pas hesite a tenir un discours de verite et de courage. Appelant chacun a surmonter ses doutes, pour accepter les compromis. En organisant, la conference des donateurs de Paris nous avons œuvre pour que les conditions de vie des Palestiniens s’ameliorent, et pour qu’ils percoivent effectivement les benefices de cette logique de paix. Ces resultats diplomatiques sont deja considerables. Ils signent une strategie globale, qui est une strategie qui est destinee a placer la France a la pointe des reponses internationales, au defi de la mondialisation. Mieux associer les pays emergents a la gestion de ce monde complexe. Accroitre leurs responsabilites, passer d’un G8 a un G13 ou a un G14 comme le president de la Republique a eu le courage de le proposer. Et conformement, a la logique, que nous avons fait prevaloir dans la reforme des cotes parts du FMI. Je le rappelle, c’est la France qui a montre l’exemple dans la lutte pour le climat avec le «Grenelle pour l’environnement.» Son engagement et celui de l’Allemagne ont convaincu les Etats-Unis de se joindre a la declaration finale de Bali. C’est la France qui a porte les travaux consacres a la crise financiere internationale au niveau du G8 et au sein de l’Union. Et c’est la France encore, qui a double recemment son aide alimentaire et fait endosser par le G8, sa proposition d’un partenariat mondial pour l’agriculture et l’alimentation. La politique interieure et la politique internationale sont complementaires, nous agissons pour nous-memes, et nous agissons pour le monde, pour un monde plus sur et pour cela, le gouvernement sait qu’il peut compter sur vous. Et je voudrais, des a present, vous remerciez pour l’efficacite avec laquelle vous travaillez a la securite des Francais. Je pense, naturellement, a Ingrid Betancourt desormais libre. Je pense aux soldats franco-israeliens, Gilad Shalit qui doit beneficier du meme effort, je pense au Tchad, où la mobilisation de nos moyens a permis en quelques jours l’evacuation prioritaire de la quasi-totalite de nos ressortissants. Je pense a la Somalie où une operation conduite avec audace a rendu la liberte aux otages du Ponant et a peut-etre ouvrir le chemin a une reaction internationale coordonnee et digne de ce nom, contre la piraterie maritime. Je pense au Tchad encore, où nous avons obtenu que les membres de l’Arche de Zoe recoivent le traitement judiciaire qu’appelaient leurs actes. L’action de la France, en faveur des Francais menaces et des otages retenus dans le monde est efficace. Et je voudrais profiter de cette occasion pour rendre hommage ce soir a tous ceux qui la conduisent. Je veux d’abord penser aux equipes de la cellule de crise, a celles de la Direction des Francais de l’Etranger, et a nos agents dans les postes concernes. Mesdames et messieurs les ambassadeurs, la defense de nos interets economiques exigent de vous-memes, le meme engagement. Vous savez que notre commerce exterieur accuse un deficit lourd, que nous connaissons une erosion severe de nos parts de marche. Nous savons qu’a terme, l’amelioration viendra des reformes et du renforcement de nos PME. Mais nous n’avons pas l’intention d’attendre le succes de ces reformes pour agir. Et des a present l’Etat prend en main l’accompagnement des entreprises exportatrices. Il appuie au plus haut niveau, les secteurs d’excellences francais, c’est le cas de l’armement bien sur, je vous avais annonce l’annee derniere, la creation de la CIEDS, eh bien, elle s’est reunie a cinq reprises, elle a mis en ordre de marche l’Etat, au benefice de nos exportations de defense, qui je veux le dire ont cesse de perdre du terrain sur la concurrence. Le succes de la methode a justifie son extension au contrat civil, dans le cadre de la commission interministerielle d’appui aux grands contrats internationaux. C’est le cas des transports avec une tres vigoureuse reprise des commandes d’AIRBUS. Avec les importants contrats de materiels ferroviaires remportes par ALSTOM, notamment en Argentine ou au Maroc. C’est le cas de l’energie, domaine dans lequel nous avons deverrouille plusieurs situations delicates, nous avons conclu ce qu’on a appele une "pax electrica" avec l’Italie. Nous avons decide apres 18 ans, 18 ans d’atermoiement, la construction d’une Ligne tres Haute Tension a travers les Pyrenees. Et enfin consolider notre partenariat gazier avec l’Algerie. Mais surtout s’agissant de l’energie, nous avons multiplie les accords en Europe, en Asie, en Amerique et au Moyen-Orient pour profiter de la relance du nucleaire. Pour soutenir notre effort de cooperation et notre savoir-faire a l’etranger, nous avons cree l’Agence France Nucleaire Internationale, nous ne dissimulons pas nos ambitions dans ce domaine, nous voulons etre le premier acteur sur la scene mondiale, dans le domaine de l’energie nucleaire. Partout dans le monde, nos entreprises doivent pouvoir compter sur les autorites francaises pour promouvoir leurs contrats commerciaux et pour securiser leurs investissements. J’ai eu l’occasion au Maroc, au Kazakhstan, en Argentine, en Algerie, au Japon en particulier, d’emmener avec moi, d’importantes delegations de chefs d’entreprise. Je veux dire qu’a chaque fois, ils me confirment l’utilite de ces deplacements et surtout l’importance du soutien public qu’ils attendent en particulier de vos services. Mesdames et messieurs, trois mois et demis avant le conseil europeen decisif de decembre, la presidence francaise de l’Union europeenne, entame sa phase la plus importante, elle sera marquee par deux evenements que nous n’avions pas en realite prevue, lorsque nous l’avons prepare, le conflit du Caucase et la degradation globale de la situation economique. Le conflit du Caucase a justifie la convocation par la presidence francaise d’un conseil europeen extraordinaire, lundi prochain. Nous concentrerons nos efforts sur la mise en œuvre integrale de l’accord en six points et notamment le retrait des forces russes ainsi que sur l’aide a la Georgie. La reconnaissance par la Russie de l’Abkhazie et de l’Ossetie du Sud n’est pas acceptable et nous la condamnons. Le reglement de la crise devra reposer sur le respect des principes du droit international. La souverainete, l’independance, et l’integrite territoriale des Etats. La Russie ne cesse de rappeler au monde, qu’elle est un pays determinant pour sa stabilite. Eh bien, il lui revient dans les faits, de se montrer a la hauteur de cette responsabilite. Mais la Russie est pour la France un partenaire ancien, un partenaire essentiel, un partenaire avec lequel nous avons toujours eu une politique nourrie. Eh bien, c’est cette politique que nous voulons poursuivre des lors que cette grande nation manifestera la meme volonte de dialogue et le respect de ses engagements. Quant a la situation economique et financiere, j’avais averti des mon retour d’un deplacement a Washington apres avoir rencontre les autorites economiques et monetaires americaines que nous allions traverser des moments difficiles. Si la France fait preuve d’une certaine resilience a la crise, et notamment son secteur financier, qui il faut le dire, n’a pas commis les memes erreurs que celui des Etats-Unis. Nous n’en subissons pas moins les contrecoups d’un quadruple choc mondial. Il y a la forte hausse des matieres premieres et en particulier du petrole qui a deteriore les conditions de l’offre et qui a alimente une inflation preoccupante. Elle a amene nos concitoyens a arbitrer dans leurs depenses. Dans la meme periode, l’appreciation significative de l’euro, 11 %, au premier semestre par rapport au dollar, 11 % a permis de limiter la facture energetique, mais tous les experts s’accordent pour dire, qu’elle nous a coute pres d’un demi point de croissance. Il y a le durcissement des conditions de credits qui est peut-etre encore plus grave, et qui pese sur la croissance europeenne et sur la croissance francaise. Il resulte a la fois des hausses, des taux directeurs de la Banque Centrale Europeenne, qui ont commence des 2005 et qui produisent aujourd’hui leur plein effet. Mais aussi, des inquietudes nees de la crise financiere, sur la politique de credits des banques. Enfin, meme si les pays emergents ont globalement bien resiste, la croissance mondiale a ralenti, et avec elle la demande adressee aux exportateurs francais. Les economistes ont montre recemment que l’ensemble de ces chocs avait reduit de moitie, la croissance en zone euro au premier semestre, de 3 a 0,5 % en glissement annuel. Alors quel doit etre face a cette situation exceptionnelle notre reaction? D’abord, elle doit etre une reaction de sang-froid. Face a ces difficultes, il faut suivre un cap coherent, et il faut continuer a muscler notre economie, pour qu’elle soit en mesure de prendre l’acceleration au bon moment. Les respirations et les a-coups de la conjoncture internationale font partie des notre environnement, mais le defaut de notre pays, jusqu’a aujourd’hui, c’est de ne pas redecoller avec les autres quand les signaux reviennent au vert. Parce que notre potentiel economique est bride par un exces de reglementation. Pour le liberer, notre politique economique suit et suivra des principes clairs, valoriser le travail, optimiser la recherche et l’innovation, accentuer la competitivite des entreprises, maitriser l’inflation, retrouver la maitrise de nos finances publiques. Il reste a inscrire cet effort dans le cadre plus large, d’un effort europeen. En effet, pour la premiere fois, dans son histoire, la zone euro dans son ensemble connait un trimestre de croissance negative.
C’est un sujet capital, c’est un sujet qui orchestre l’ensemble des relations sociales dans notre pays. La negociation entre partenaires sociaux doit commencer le 24 janvier et elle devra aboutir au printemps. Je veux vous dire que c’est un sujet qui me tient a cœur. J’avais deja, en 2004, fait progresser les regles qui regissent le dialogue social. Insuffisamment, je le reconnais, mais en tout cas plus que n’importe quel autre ministre du Travail depuis trois decennies. Je ne laisserai pas ce dossier difficile mais vital se perdre dans les sables. Monsieur le Premier ministre, comment jugez vous le climat politique de ce debut d’annee? Le president de la Republique a propose aux Francais une politique de civilisation, qu’est-ce que c’est, monsieur le Premier Ministre, qu’une politique de civilisation? Monsieur le Premier ministre, la politique de civilisation, c’est un peu conceptuel; est-ce que ce n’est pas une maniere d’echapper a l’evaluation des resultats sur laquelle vous vous etes engages? Les chiffres de la delinquance continuent de baisser, avec un recul de 3,6 % en 2007. La France est de nouveau au centre du jeu europeen et elle a repris une place eminente dans la conduite des affaires du monde. Vous etes bien optimiste, monsieur le Premier ministre! La question du pouvoir d’achat est au cœur des preoccupations du Gouvernement et du president de la Republique, dont je vous rappelle d’ailleurs qu’il a ete le premier a l’evoquer durant la campagne electorale. Pourquoi est-ce qu’il y a un probleme de pouvoir d’achat dans notre pays? "Parce que les salaires sont trop bas", aurait dit monsieur de La Palice! Pourquoi les salaires sont trop bas? Parce qu’ils ont ete ecrases depuis plusieurs annees par la diminution du temps de travail, par le choix qui a ete fait de diminuer le temps de travail, parce que le chomage est trop eleve, et que quand on est sur un marche de l’emploi où il y a trop de chomage, naturellement, il y a une pression qui s’exerce sur les salaires. J’ai ete le ministre du Travail qui a le plus augmente, sous le Gouvernement de Jean-Pierre Raffarin le SMIC, 17 %. Je n’ai pas le sentiment que cette augmentation du Smic ait eu les resultats que nous en attendions. Elle a surtout eu pour resultat d’augmenter considerablement le nombre de Francais qui sont aujourd’hui payes au salaire minimum. Monsieur le Premier ministre, vous avez decide de noter les ministres? Que deviendront ceux qui auront de mauvaises notes? Parce que nous avions besoin d’une expertise exterieure pour definir des methodes d’evaluation a laquelle l’administration n’etait pas habituee. Mais je veux vous dire que l’evaluation ne sera pas conduite par un cabinet prive, elle sera conduite par les services du Premier ministre, avec le concours d’Eric Besson dont c’est justement la responsabilite. Etes-vous un Premier ministre heureux?
Comme vous l’avez dit monsieur le vice-president, la France et le Japon celebrent cette annee un anniversaire important, le 150e anniversaire de l’etablissement de leurs relations diplomatiques, et pendant cette annee de commemoration, il se trouve que le Japon va presider le G8 et que la France assumera, au second semestre de l’annee, la presidence de l’Union europeenne. C’est donc une conjoncture propice au renforcement de nos liens d’amitie, a l’approfondissement de notre dialogue politique, et au developpement de nouvelles cooperations economiques et technologiques franco japonaises. J’ai evoque tous ces sujets, ce matin, avec votre Premier ministre et la visite qu’effectuera au mois de juillet le president de la Republique, Nicolas Sarkozy, sera l’occasion de confirmer cette volonte. Pourquoi est-ce que le potentiel de nos relations economiques me parait encore trop peu exploite? D’abord parce qu’en matiere de commerce bilateral, les performances sont tres modestes. La France est le seizieme fournisseur du Japon, et sa part de marche stagne a moins de 2 % depuis une dizaine d’annees alors meme que la France represente environ 5 % du marche mondial. Notre balance commerciale bilaterale est desequilibree au detriment de la France, nous accusons un deficit commercial de plus de 4 milliards d’euros, alors meme que nous disposons de grandes entreprises reconnues et appreciees dans le monde entier, comme de petites et moyennes entreprises dynamiques et competentes dans pratiquement tous les secteurs de l’economie. Les chiffres ne sont donc pas a la hauteur de nos esperances et ils ne sont pas a la hauteur des capacites de notre economie. Nous avons evoque aujourd’hui, avec le Premier ministre Fukuda, les moyens de developper nos relations en assurant un acces reciproque aux exportateurs et aux investisseurs des deux pays. Cela n’est pas une question de droits de douane, les droits de douane entre la France et le Japon sont pour la plupart tres peu eleves. Il s’agit avant tout de reexaminer un certain nombre de reglementations qui ne contribuent pas a la fluidite des echanges. Il y a naturellement des raisons a l’existence de certaines barrieres non tarifaires, ces raisons sont liees aux traditions de chacun de nos pays et a la protection des consommateurs, mais pour d’autres de ces barrieres, je pense que nous devons nous poser la question de savoir si elles beneficient reellement aux consommateurs japonais, et finalement a l’economie japonaise tout entiere, ou si elles n’ont pas des effets indirects contreproductifs. Enfin, et c’est sur ce point que je voudrais insister, mon pays a beaucoup a offrir parce qu’il est en train de beaucoup changer. Il est en train de beaucoup changer en particulier sous l’impulsion du president de la Republique, Nicolas Sarkozy, depuis son election il y a maintenant onze mois. Nous sommes en train de mettre en œuvre un train de reformes historiques avec un objectif simple: nous voulons mieux valoriser nos atouts, nous voulons liberer nos forces productives, nous voulons faire de la France une economie de plus en plus attractive pour les entreprises les plus dynamiques du monde et donc en premier lieu pour les entreprises japonaises. Nous avons commence a reformer notre marche du travail, pour le rendre moins rigide et plus dynamique. Nous encourageons le travail par un mecanisme fiscal de detaxation des heures supplementaires, nous sommes sortis definitivement de cette vision erronee qui postulait que c’est en partageant le travail disponible que l’on cree plus de richesse. Nous sommes en train de moderniser le contrat de travail, nous reformons l’assurance chomage pour edifier un modele de flexsecurite qui garantira aux entreprises davantage de flexibilite qu’il n’y en avait dans le systeme francais traditionnel. Parallelement, nous conduisons un tres grand effort de reformes dans le secteur de l’universite, de l’enseignement superieur et de la recherche. Pour favoriser l’emergence d’une economie de l’intelligence, nous renforcons notre potentiel de recherche. Nous avons reforme nos universites en profondeur pour leur donner beaucoup plus d’autonomie, afin de les aider a developper des projets et des partenariats innovants. Nous avons augmente considerablement les budgets de la Recherche et de l’Enseignement superieur et nous visons l’emergence, d’ici cinq ans, d’une dizaine de campus universitaires de visibilite mondiale. Nous avons engage un effort tres important de reformes et de soutien a la recherche et au developpement prive. Nous avons ainsi double les moyens pour soutenir l’innovation des petites et moyennes entreprises. Nous avons renforce notre dispositif fiscal d’aide a la recherche operee par les entreprises, ce qu’on appelle le credit impot recherche, en triplant l’engagement financier actuel. Ce dispositif est desormais le plus incitatif et le plus performant au sein de l’ensemble de l’Union europeenne. Voila mesdames et messieurs, comme vous le voyez, la France change, la France n’a pas peur de la mondialisation. Elle veut se donner simplement les moyens d’y participer pleinement, elle est deja pleinement inseree dans la plus grande zone de libre echange du monde, celle de l’Union europeenne, avec 500 millions de consommateurs et un produit interieur brut de 16 600 milliards de dollars. Elle veut maintenant accelerer son insertion dans le marche mondial. L’ouverture de l’economie c’est la performance des entreprises, c’est la simplicite des reglementations que j’evoquais tout a l’heure, c’est aussi la circulation des personnes et je voudrais, a cet egard, me feliciter que les mesures necessaires aient ete prises pour faciliter le deplacement des hommes et des femmes d’affaires entre nos deux pays. Je sais que c’etait une attente forte du Keidanren. De nouvelles mesures seront prises dans les prochains mois pour ameliorer encore l’accueil en France des dirigeants etrangers, de leurs salaries, de leur famille. Sur le plan franco-japonais, la convention de Securite sociale franco-japonaise du 25 fevrier 2005 et l’avenant a la convention fiscale du 11 janvier 2007 vont faciliter egalement grandement cette mobilite. De meme nous allons travailler avec le gouvernement japonais pour developper le nombre de jeunes Francais travaillant au Japon, comme volontaires internationaux en entreprise. Ce matin, avec le Premier ministre, nous avons voulu encourager le mouvement d’intensification des relations economiques entre nos deux pays en adoptant une declaration economique franco-japonaise. Ce texte detaille nos priorites communes, comme le renforcement de la lutte contre la contrefacon dans le monde, nos engagements mutuels, notamment la reduction des barrieres non tarifaires au commerce entre nos deux pays, et enfin les axes de cooperation renforcee entre les clusters japonais et les poles de competitivite francais. Nous avons aussi lance les initiatives France-Japon, un programme de plus de 100 rencontres economiques, technologiques et industrielles, qui sont organisees en France et au Japon en 2008. Enfin nous avons adopte une declaration commune sur le nucleaire. Il s’agit d’un secteur où nos deux pays sont des leaders mondiaux et des partenaires de premier plan, depuis trente cinq ans. J’aurai d’ailleurs l’occasion de visiter demain l’usine de retraitement de Rokkasho Mura, construite en partenariat avec AREVA. Je voudrais terminer en vous disant un mot des perspectives de cooperation qui s’ouvrent a nos deux pays, face aux grands defis globaux de notre epoque:le changement climatique, la question de la securite energetique, celle de l’instabilite economique et financiere, l’aide au developpement, la consolidation de la paix et de la securite. Sur tous ces sujets, nous avons des approches communes, nous partageons les memes valeurs, et nous sommes confrontes a des contraintes qui sont similaires. Nous avons donc tout interet a avancer la main dans la main. A nous de trouver des synergies entre la presidence japonaise du G8 et la presidence francaise de l’Union europeenne. Oeuvrons ensemble a la reforme des institutions multilaterales. Je veux rappeler que la France continuera de se battre pour que le Japon, l’Allemagne, le Bresil et l’Inde deviennent membres permanents du Conseil de securite, avec une representation equitable du continent africain. Je l’ai rappele ce matin au Premier ministre Fukuda, et le president de la Republique ne cesse de le rappeler a chaque fois que l’occasion lui en est donnee. La France est aussi attachee a ce que le G8 reflete les nouvelles realites mondiales, et donc s’ouvre progressivement aux grands pays emergents. Je pense qu’on ne peut pas rester ferme sur des schemas qui ne correspondent plus aux realites du monde d’aujourd’hui. On ne peut pas discuter des affaires du monde en ignorant 2 milliards et demi d’habitants qui ne sont pas convies a donner leur avis. Nous attendons en retour, des pays emergents, qu’ils acceptent les responsabilites qui leur reviennent dans le monde actuel et en particulier qu’ils s’engagent vigoureusement dans la lutte contre le rechauffement climatique.
Comme vous l’avez dit monsieur le vice-president, la France et le Japon celebrent cette annee un anniversaire important, le 150e anniversaire de l’etablissement de leurs relations diplomatiques, et pendant cette annee de commemoration, il se trouve que le Japon va presider le G8 et que la France assumera, au second semestre de l’annee, la presidence de l’Union europeenne. C’est donc une conjoncture propice au renforcement de nos liens d’amitie, a l’approfondissement de notre dialogue politique, et au developpement de nouvelles cooperations economiques et technologiques franco japonaises. J’ai evoque tous ces sujets, ce matin, avec votre Premier ministre et la visite qu’effectuera au mois de juillet le president de la Republique, Nicolas Sarkozy, sera l’occasion de confirmer cette volonte. Pourquoi est-ce que le potentiel de nos relations economiques me parait encore trop peu exploite? D’abord parce qu’en matiere de commerce bilateral, les performances sont tres modestes. La France est le seizieme fournisseur du Japon, et sa part de marche stagne a moins de 2 % depuis une dizaine d’annees alors meme que la France represente environ 5 % du marche mondial. Notre balance commerciale bilaterale est desequilibree au detriment de la France, nous accusons un deficit commercial de plus de 4 milliards d’euros, alors meme que nous disposons de grandes entreprises reconnues et appreciees dans le monde entier, comme de petites et moyennes entreprises dynamiques et competentes dans pratiquement tous les secteurs de l’economie. Les chiffres ne sont donc pas a la hauteur de nos esperances et ils ne sont pas a la hauteur des capacites de notre economie. Nous avons evoque aujourd’hui, avec le Premier ministre Fukuda, les moyens de developper nos relations en assurant un acces reciproque aux exportateurs et aux investisseurs des deux pays. Cela n’est pas une question de droits de douane, les droits de douane entre la France et le Japon sont pour la plupart tres peu eleves. Il s’agit avant tout de reexaminer un certain nombre de reglementations qui ne contribuent pas a la fluidite des echanges. Il y a naturellement des raisons a l’existence de certaines barrieres non tarifaires, ces raisons sont liees aux traditions de chacun de nos pays et a la protection des consommateurs, mais pour d’autres de ces barrieres, je pense que nous devons nous poser la question de savoir si elles beneficient reellement aux consommateurs japonais, et finalement a l’economie japonaise tout entiere, ou si elles n’ont pas des effets indirects contreproductifs. Enfin, et c’est sur ce point que je voudrais insister, mon pays a beaucoup a offrir parce qu’il est en train de beaucoup changer. Il est en train de beaucoup changer en particulier sous l’impulsion du president de la Republique, Nicolas Sarkozy, depuis son election il y a maintenant onze mois. Nous sommes en train de mettre en œuvre un train de reformes historiques avec un objectif simple: nous voulons mieux valoriser nos atouts, nous voulons liberer nos forces productives, nous voulons faire de la France une economie de plus en plus attractive pour les entreprises les plus dynamiques du monde et donc en premier lieu pour les entreprises japonaises. Nous avons commence a reformer notre marche du travail, pour le rendre moins rigide et plus dynamique. Nous encourageons le travail par un mecanisme fiscal de detaxation des heures supplementaires, nous sommes sortis definitivement de cette vision erronee qui postulait que c’est en partageant le travail disponible que l’on cree plus de richesse. Nous sommes en train de moderniser le contrat de travail, nous reformons l’assurance chomage pour edifier un modele de flexsecurite qui garantira aux entreprises davantage de flexibilite qu’il n’y en avait dans le systeme francais traditionnel. Parallelement, nous conduisons un tres grand effort de reformes dans le secteur de l’universite, de l’enseignement superieur et de la recherche. Pour favoriser l’emergence d’une economie de l’intelligence, nous renforcons notre potentiel de recherche. Nous avons reforme nos universites en profondeur pour leur donner beaucoup plus d’autonomie, afin de les aider a developper des projets et des partenariats innovants. Nous avons augmente considerablement les budgets de la Recherche et de l’Enseignement superieur et nous visons l’emergence, d’ici cinq ans, d’une dizaine de campus universitaires de visibilite mondiale. Nous avons engage un effort tres important de reformes et de soutien a la recherche et au developpement prive. Nous avons ainsi double les moyens pour soutenir l’innovation des petites et moyennes entreprises. Nous avons renforce notre dispositif fiscal d’aide a la recherche operee par les entreprises, ce qu’on appelle le credit impot recherche, en triplant l’engagement financier actuel. Ce dispositif est desormais le plus incitatif et le plus performant au sein de l’ensemble de l’Union europeenne. Voila mesdames et messieurs, comme vous le voyez, la France change, la France n’a pas peur de la mondialisation. Elle veut se donner simplement les moyens d’y participer pleinement, elle est deja pleinement inseree dans la plus grande zone de libre echange du monde, celle de l’Union europeenne, avec 500 millions de consommateurs et un produit interieur brut de 16 600 milliards de dollars. Elle veut maintenant accelerer son insertion dans le marche mondial. L’ouverture de l’economie c’est la performance des entreprises, c’est la simplicite des reglementations que j’evoquais tout a l’heure, c’est aussi la circulation des personnes et je voudrais, a cet egard, me feliciter que les mesures necessaires aient ete prises pour faciliter le deplacement des hommes et des femmes d’affaires entre nos deux pays. Je sais que c’etait une attente forte du Keidanren. De nouvelles mesures seront prises dans les prochains mois pour ameliorer encore l’accueil en France des dirigeants etrangers, de leurs salaries, de leur famille. Sur le plan franco-japonais, la convention de Securite sociale franco-japonaise du 25 fevrier 2005 et l’avenant a la convention fiscale du 11 janvier 2007 vont faciliter egalement grandement cette mobilite. De meme nous allons travailler avec le gouvernement japonais pour developper le nombre de jeunes Francais travaillant au Japon, comme volontaires internationaux en entreprise. Ce matin, avec le Premier ministre, nous avons voulu encourager le mouvement d’intensification des relations economiques entre nos deux pays en adoptant une declaration economique franco-japonaise. Ce texte detaille nos priorites communes, comme le renforcement de la lutte contre la contrefacon dans le monde, nos engagements mutuels, notamment la reduction des barrieres non tarifaires au commerce entre nos deux pays, et enfin les axes de cooperation renforcee entre les clusters japonais et les poles de competitivite francais. Nous avons aussi lance les initiatives France-Japon, un programme de plus de 100 rencontres economiques, technologiques et industrielles, qui sont organisees en France et au Japon en 2008. Enfin nous avons adopte une declaration commune sur le nucleaire. Il s’agit d’un secteur où nos deux pays sont des leaders mondiaux et des partenaires de premier plan, depuis trente cinq ans. J’aurai d’ailleurs l’occasion de visiter demain l’usine de retraitement de Rokkasho Mura, construite en partenariat avec AREVA. Je voudrais terminer en vous disant un mot des perspectives de cooperation qui s’ouvrent a nos deux pays, face aux grands defis globaux de notre epoque:le changement climatique, la question de la securite energetique, celle de l’instabilite economique et financiere, l’aide au developpement, la consolidation de la paix et de la securite. Sur tous ces sujets, nous avons des approches communes, nous partageons les memes valeurs, et nous sommes confrontes a des contraintes qui sont similaires. Nous avons donc tout interet a avancer la main dans la main. A nous de trouver des synergies entre la presidence japonaise du G8 et la presidence francaise de l’Union europeenne. Oeuvrons ensemble a la reforme des institutions multilaterales. Je veux rappeler que la France continuera de se battre pour que le Japon, l’Allemagne, le Bresil et l’Inde deviennent membres permanents du Conseil de securite, avec une representation equitable du continent africain. Je l’ai rappele ce matin au Premier ministre Fukuda, et le president de la Republique ne cesse de le rappeler a chaque fois que l’occasion lui en est donnee. La France est aussi attachee a ce que le G8 reflete les nouvelles realites mondiales, et donc s’ouvre progressivement aux grands pays emergents. Je pense qu’on ne peut pas rester ferme sur des schemas qui ne correspondent plus aux realites du monde d’aujourd’hui. On ne peut pas discuter des affaires du monde en ignorant 2 milliards et demi d’habitants qui ne sont pas convies a donner leur avis. Nous attendons en retour, des pays emergents, qu’ils acceptent les responsabilites qui leur reviennent dans le monde actuel et en particulier qu’ils s’engagent vigoureusement dans la lutte contre le rechauffement climatique.
F. Fillon: Je voulais, Monsieur le Premier ministre, d’abord vous dire toute la gratitude qui est la mienne et celle des six membres de mon gouvernement qui m’accompagnent, pour la chaleur de l’accueil que vous nous avez reserve cela ne nous etonne pas car le partenariat entre la France et le Maroc est a la fois ancien, dense, profond et sans cesse renouvele. Nous avons voulu, a la suite de la visite du President de la Republique au mois d’octobre dernier, verifier que tous les accords qui avaient ete pris, notamment toutes les decisions qui avaient ete prises d’un commun accord entre nos deux gouvernements se mettaient bien en œuvre. J’ai eu l’honneur de rencontrer le Roi il y a quelques instants, j’ai pu lui dire l’admiration qui etait la mienne, comme je l’ai dit ce matin a mon homologue, Monsieur le Premier ministre, pour l’importance des reformes qui sont conduites au Maroc. J’ai eu l’occasion de dire a plusieurs reprises que la France soutenait ces reformes et qu’elle souhaitait que sa cooperation vienne les renforcer, les accompagner, les rendre encore plus faciles. Nous allons donc signer, Monsieur le Premier ministre, 17 accords. Je voudrais rappeler qu’en matiere d’infrastructures de transport, la France a decide d’accorder un don de 75 millions d’euros a l’assistance technique du projet de TGV, ce qui va permettre d’enclencher ce projet, dont le Roi nous a dit tout a l’heure qu’il souhaitait qu’il puisse etre prolonge dans un objectif de long terme jusqu’a Marrakech. Nous sommes aussi engages pour le tramway de Rabat. Deux entreprises francaises ont vu leur expertise reconnue a travers la signature d’importants contrats: Alstom pour la fourniture de materiel roulant et Colas Rail pour la construction des voies. En matiere d’energie, l’AFD va accorder un pret de 50 millions d’euros au reseau a tres haute tension de l’Office national d’electricite et c’est aussi dans cette perspective que nous avons marque notre disposition a travailler avec le Maroc a la constitution d’une filiere electronucleaire Une mission du commissaire a l’energie atomique est venue, ici au Maroc, poser les premieres bases de cette cooperation et le ministre de l’Energie marocain viendra a Paris la semaine prochaine, où j’aurai l’occasion moi-meme de le recevoir. L’AFD financera egalement des centres de formation, notamment dans le domaine de l’aeronautique, de la construction automobile ou du textile pour plus de 22 millions d’euros. Puis, nous avons eu la joie d’enregistrer l’acquisition par le Maroc d’une fregate multimissions strictement identique aux fregates qui equipent la marine nationale francaise, ce qui permettra d’ailleurs une meilleure cooperation entre les deux marines et notamment en matiere d’entrainement des equipages. Enfin, nous avons evoque au cours de nos entretiens, naturellement, tous les dossiers qui concernent la place du Maroc dans le bassin mediterraneen, ses relations avec l’Europe et sa place dans le monde, j’ai eu l’occasion de m’exprimer sur ces sujets hier. Ce qui est finalement frappant, pour resumer les choses, c’est qu’il n’y a aucun sujet de desaccord entre le Maroc et la France, bien au contraire, une identite de vue parfaite. Une journaliste (Le Matin): Merci Monsieur le Premier ministre, merci pour votre visite. C’est pour le journal Le Matin. Nous reiterons de nouveau, pour notre part, la meme admiration en ce temps de turbulences en France, puisque vous etes lance dans un grand programme de reformes que nous suivons et que vous arrivez a maintenir d’excellents sondages, Monsieur le Premier ministre. Monsieur Fillon, dans moins de 3 mois, la France va assumer la Presidence de l’Union europeenne. C’est important pour nous, a cause du projet pour la Mediterranee bien sur, mais aussi parce que la France n’assumera a nouveau cette presidence qu’en 2028, ce sera tres loin, c’est un moment-cle pour nous. Monsieur le Premier ministre, ce projet pour l’Union de la Mediterranee n’a de sens que si en face de l’Europe, il y a une region coherente qui s’appelle l’UMA. Du cote europeen, qu’est-ce qu’on peut faire pour essayer d’alleger un petit peu le carcan qui existe actuellement et, peut-etre, pour rapprocher nos deux pays, le Maroc et l’Algerie? Deuxieme question Monsieur Fillon, rapidement, on craint un petit peu pour ce projet pour l’Union pour la Mediterranee, on craint un petit peu cet aspect securitaire et cet aspect un peu immigration et puis l’aspect securite, cordon sanitaire autour de l’Europe, est-ce qu’il y a d’autres secteurs, bien entendu? On aimerait peut-etre que vous puissiez un peu decliner ce projet? Merci beaucoup. F. Fillon: D’abord, je vous remercie de la maniere excellente dont vous avez pose votre question. J’invite les journalistes francais a prendre exemple sur cette facon d’aborder les choses de maniere positive. D’abord, je voudrais vous dire que pendant la presidence francaise de l’Union europeenne, nous avons prevu avec le President de la Republique, avec Bernard Kouchner, de faire tous nos efforts pour permettre l’aboutissement d’une demande tres forte du Maroc que la France a toujours soutenu, qui est celle du partenariat avance. Il y a le projet de l’Union de la Mediterranee mais il y aussi les relations directes du Maroc avec l’Union europeenne. Le Maroc represente un exemple de developpement grace aux reformes qui ont ete faites, notamment sur le plan politique, sur le plan institutionnel. Nous souhaitons que cet effort aboutisse a un statut particulier du Maroc par rapport a l’Union europeenne et nous allons tout faire, pendant la presidence francaise, pour que ce dossier puisse avancer. Ensuite, l’Union pour la Mediterranee, ce n’est pas un projet securitaire, cela n’a meme rien a voir avec un projet securitaire. L’Union pour la Mediterranee, c’est l’idee qu’il faut que la cooperation entre les deux rives de la Mediterranee soit plus puissante, plus forte, plus profonde qu’elle n’a ete jusqu’a maintenant. Donc, nous voulons creer une vraie cooperation entre, d’un cote, tous les pays de l’Union europeenne et, de l’autre cote, tous les pays, sans exception, du bassin mediterraneen. Avec naturellement des dossiers concrets d’investissements en matiere d’environnement, en matiere de developpement durable, avec un objectif qui est d’apporter plus de prosperite et plus de paix dans cette region du monde. C’est important pour l’Europe, pour son developpement; c’est important pour le bassin mediterraneen. C’est un processus qui vient, au fond, s’ajouter a celui de Barcelone, avec l’idee que les chefs d’Etats seront plus concernes par la mise en œuvre du projet que ce qui etait le cas dans le cadre du processus de Barcelone. C’est d’ailleurs pour cela que le President de la Republique francaise attache beaucoup d’importance a ce que le 13 juillet, lorsque nous allons lancer l’Union pour la Mediterranee a Paris, tous les chefs d’Etats soient presents, des deux cotes de la Mediterranee. Quant au probleme de cooperation entre les pays du Maghreb, je pense que c’est plus au Premier ministre marocain de repondre, ce que je peux simplement dire, c’est que nous, la France et l’Union europeenne, naturellement, sommes disponibles et d’ailleurs, nous agissons dans ce sens pour essayer de convaincre les uns et les autres que c’est par de bonnes relations, avec des intentions pacifiques, qu’on peut construire le developpement et la prosperite. De ce point de vue-la, je reviens au point de depart de mon propos, le Maroc est un exemple parce que le Maroc a des resultats sur le plan economique alors meme que c’est un pays qui n’a pas de ressources naturelles, qui n’a pas les memes richesses que certains de ses voisins, il reussit particulierement bien. Il faut en tirer les consequences. K. Ranson (Maghreb Confidentiel): Toujours au sujet de l’Union de la Mediterranee. Est-ce que, lors de l’audience en fin de matinee avec le Roi, le sujet du futur siege de l’Organisation a ete evoque. Et egalement, est-ce que a ete evoque le premier projet qui marquera le lancement concret de l’Union de la Mediterranee? S. Loue (Agence Reuter): Monsieur le Premier ministre, permettez-moi de revenir sur ce que ma consoeur du Matin a nomme "turbulences", je m’en remets a son jugement. Certaines des propositions du Livre Blanc sur la fonction publique suscitent l’inquietude des syndicats. Est-ce que le gouvernement francais a pour projet de faciliter (inaud.) des fonctionnaires? F. Fillon: J’ai beaucoup de respect pour vous, mais la je suis a Rabat, en compagnie du Premier ministre marocain, et donc on va parler si vous le voulez bien des relations entre la France et le Maroc. Et nous trouverons certainement dans les semaines qui viennent, dans les jours qui viennent, d’autres occasions pour parler de la fonction publique en France. Un journaliste: Monsieur le Premier ministre, la France assurera a partir de juillet prochain la presidence de l’Union europeenne, qui a repondu favorablement a l’ambition du statut avance. Quel sera le role de la France pour decliner de maniere optimale cette ambition et sceller ce partenariat dans ses dimensions politiques et humaines? Ma deuxieme question: a la suite du discours de Tanger du president Sarkozy sur l’Union mediterraneenne, où en est-on aujourd’hui de ce projet auquel le Maroc a bien souscrit? Merci. F. Fillon: Sur le premier sujet, nous allons nous employer a faire aboutir la demande du Maroc pendant la presidence francaise. Et donc, nous allons organiser, avec ce qu’on appelle "la troika", les trois presidences successives de l’Union europeenne, une rencontre au plus haut niveau avec le Maroc pour faire en sorte que ce dossier aboutisse. Je ne vois pas d’obstacle qui devrait rendre difficile les choses. Sur le deuxieme sujet, il me semblait avoir repondu. Le projet d’Union pour la Mediterraneenne, est sur les rails, il a fait l’objet d’un accord de l’ensemble des pays de l’Union europeenne, et de la quasi-totalite des pays du Bassin Mediterraneen. Nous allons lancer les choses le 13 juillet a Paris en presence de l’ensemble des chefs d’Etat. Nous avons deja debattu de la gouvernance, de l’organisation, de la repartition des roles de chacun. Il y a la question du secretariat qui est encore en discussion. C’est un projet qui est sur les rails et qui, je le pense, viendra apporter un renforcement considerable de la cooperation entre l’Union europeenne et les pays du Bassin mediterraneen, et surtout donner aux pays du Bassin mediterraneen une position plus forte dans cette cooperation. Il ne s’agit pas aujourd’hui de decider de l’Union europeenne, de programmes de cooperation avec les pays du Bassin mediterraneen. Il s’agit de creer un vrai partenariat a egalite entre le Bassin mediterraneen, et l’Union europeenne.
Monsieur le Premier ministre, Presider ce seminaire gouvernemental franco-marocain est une experience inedite pour vous, Monsieur le Premier ministre, comme pour moi-meme. Ces Francais, Monsieur le Premier ministre, ne se contentent pas d’apprecier le raffinement de votre pays: ils se retrouvent en lui; ils saluent ses choix de developpement; ils embrassent une nation francophone, chaleureuse et tolerante, qui a scelle, avec la Moudawana son entree dans la modernite sociale. La France est a la fois le premier partenaire commercial et le premier investisseur du Maroc. Quant a nos echanges politiques, ils temoignent, Monsieur le Premier ministre, deja d’une tres grande convergence de vue, et je dirais meme d’une sensibilite comparable aux vents et aux courants de l’histoire. Elle se verifie tous les jours sur le theme de la securite, sur celui du developpement, sur celui du terrorisme, ou encore celui de la geopolitique regionale. Et je veux souligner a quel point la France soutient les initiatives du Maroc pour regler la douloureuse question du Sahara. Et a quel point la France se fait l’interprete de l’initiative marocaine aupres des Nations unies. Comme la France, comme vous l’avez rappele Monsieur le Premier ministre cherche par tous les moyens a trouver une solution juste, equilibree au probleme de la Palestine en defendant une nation palestinienne independante, qui puisse co-exister avec un Etat d’Israel beneficiant de toutes les garanties de la securite. Cette proximite d’analyse debouche sur le soutien mutuel que nous apportons a nos initiatives. Sous la presidence francaise de l’Union europeenne, nous ferons tous les efforts pour que le Maroc puisse progresser vers ce statut avance avec l’Union europeenne auquel il aspire et auquel, naturellement, il a droit. L’Union pour la Mediterranee, cette vision magnifique lancee par le president de la Republique francaise depuis la terre marocaine, doit continuer de recevoir le soutien que votre pays lui a accorde des le premier jour, par la voix du roi Mohammed VI. Monsieur le Premier ministre, Je veux a mon tour lever mon verre a votre sante, a celle de votre famille, de votre gouvernement, monsieur le Premier ministre. Je veux lever mon verre a la sante de tout le peuple marocain.