Monsieur le Premier ministre, Mesdames et messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs, Si vous me le permettez, chers amis, Les relations les plus profondes sont celles qui se renouent constamment. Les relations les plus profondes sont celles qui trouvent de nouveaux interprètes aux sympathies les plus anciennes. Présider ce séminaire gouvernemental franco-marocain est une expérience inédite pour vous, Monsieur le Premier ministre, comme pour moi-même. Il y a quelques mois, c’était le président Nicolas Sarkozy... lire la suite
Monsieur le Premier ministre, Presider ce seminaire gouvernemental franco-marocain est une experience inedite pour vous, Monsieur le Premier ministre, comme pour moi-meme. La France a des voisins plus proches que le Maroc, mais je crois qu’il est peu d’Etats avec lesquels elle entretienne une relation aussi cordiale, et d’une qualite aussi fraternelle. Depuis quelques annees - et ce phenomene doit nous conduire a reevaluer ensemble intelligemment notre politique des flux de personnes - le Maroc devient a son tour un pays de residence pour une plus en plus forte communaute francaise. Ces Francais, Monsieur le Premier ministre, ne se contentent pas d’apprecier le raffinement de votre pays: ils se retrouvent en lui; ils saluent ses choix de developpement; ils embrassent une nation francophone, chaleureuse et tolerante, qui a scelle, avec la Moudawana son entree dans la modernite sociale. Le choix de la modernite, mesdames et messieurs, multiplie les promesses du Maroc. La France est a la fois le premier partenaire commercial et le premier investisseur du Maroc. Quant a nos echanges politiques, ils temoignent, Monsieur le Premier ministre, deja d’une tres grande convergence de vue, et je dirais meme d’une sensibilite comparable aux vents et aux courants de l’histoire. Elle se verifie tous les jours sur le theme de la securite, sur celui du developpement, sur celui du terrorisme, ou encore celui de la geopolitique regionale. Et je veux souligner a quel point la France soutient les initiatives du Maroc pour regler la douloureuse question du Sahara. Et a quel point la France se fait l’interprete de l’initiative marocaine aupres des Nations unies. Comme la France, comme vous l’avez rappele Monsieur le Premier ministre cherche par tous les moyens a trouver une solution juste, equilibree au probleme de la Palestine en defendant une nation palestinienne independante, qui puisse co-exister avec un Etat d’Israel beneficiant de toutes les garanties de la securite. Cette proximite d’analyse debouche sur le soutien mutuel que nous apportons a nos initiatives. Sous la presidence francaise de l’Union europeenne, nous ferons tous les efforts pour que le Maroc puisse progresser vers ce statut avance avec l’Union europeenne auquel il aspire et auquel, naturellement, il a droit. L’Union pour la Mediterranee, cette vision magnifique lancee par le president de la Republique francaise depuis la terre marocaine, doit continuer de recevoir le soutien que votre pays lui a accorde des le premier jour, par la voix du roi Mohammed VI. Monsieur le Premier ministre, La France veut continuer a dialoguer avec un Maroc ambitieux. Un Maroc qui soutient sa croissance, qui reduit sa dette publique et qui maitrise son inflation. C’est au service de ce Maroc qu’elle place les ressources de ses cooperations. Je veux a mon tour lever mon verre a votre sante, a celle de votre famille, de votre gouvernement, monsieur le Premier ministre. Je veux lever mon verre a la sante de tout le peuple marocain.
Je suis venu, en effet, pour la premiere fois, s’agissant d’un Premier ministre de la Republique francaise, depuis bien longtemps, visiter la gendarmerie. A la fois, le Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale, le prestigieux GIGN, que le monde entier nous envie, et qui est un sujet de fierte, a la fois pour nos armees, pour la gendarmerie et pour notre nation tout entiere. Et puis, la gendarmerie departementale de l’Eure. Naturellement, Jean-Pierre, le Premier ministre sera tres attentif aux demandes qui sont celles de la ville d’Evreux, et aux demandes qui sont celles du departement de l’Eure pour se doter des equipements dont il a besoin pour se developper. Je pense a la deux fois deux voies ou aux equipements culturels et sportifs. Et s’agissant des equipements sportifs, je crois que demain, j’aurai l’occasion de prendre les decisions de financement, en matiere notamment, de FNADT, qui permettront a la ville d’Evreux d’obtenir ce qu’elle souhaite, et de realiser ses projets. Je veux dire que la generosite du Premier ministre a l’egard de la ville d’Evreux est deja tres grande puisque je vous ai donne le meilleur directeur d’hopital que je connaisse! Et je veux vous le recommander puisqu’il est tellement bon d’ailleurs, que dans la Sarthe, où il a sevi pendant longtemps, il avait reussi l’exploit de diriger deux hopitaux a la fois. Donc il va etre sous-employe ici a Evreux, puisqu’il n’en dirigera qu’un seul! Nous voulons ramener nos finances publiques a l’equilibre. La encore, beaucoup d’autres pays europeens l’ont fait dans un delai tres court, et se trouvent aujourd’hui dans une situation bien plus confortable que la notre. Je vois defiler a l’hotel de Matignon beaucoup de chefs de gouvernement de toute l’Europe et certains d’entre eux me confient que l’une des difficultes qu’ils rencontrent aujourd’hui, c’est la difficulte de repartir les excedents budgetaires parce que tout le monde veut sa part des excedents budgetaires. Je les regarde en me disant que le jour où le Premier ministre francais n’aura plus comme souci que celui de repartir les excedents budgetaires, c’est que notre pays aura fait des progres considerables.
Le 7 octobre 2001, les Etats-Unis engageaient les operations militaires, epaules, notamment, par la France qui avait ouvert son espace aerien, noue une cooperation navale, offert son appui en matiere de renseignements. Le 3 octobre 2001, Lionel Jospin, alors Premier ministre, venait dans cet hemicycle pour exposer la position francaise suite aux attentats du 11 septembre. Puis, le 21 novembre, il venait preciser les termes de la€™engagement de la France en Afghanistan. Depuis, cette participation na€™a cesse da€™evoluer en fonctions des besoins et des circonstances. La€™operation sur Kolwezi en 1978 avait donne lieu a une information de la representation nationale, de meme que notre intervention au Tchad en 1983. Notre intervention au Kosovo, en mars 1999, avait ete la€™occasion da€™un debat sans vote, deux jours apres le debut des bombardements. Enfin, la participation de la France aux operations militaires en Afghanistan a partir de decembre 2001 a donne lieu a un debat sans vote, apres une intervention de Lionel Jospin.
F. Fillon: Je voulais, Monsieur le Premier ministre, d’abord vous dire toute la gratitude qui est la mienne et celle des six membres de mon gouvernement qui m’accompagnent, pour la chaleur de l’accueil que vous nous avez reserve cela ne nous etonne pas car le partenariat entre la France et le Maroc est a la fois ancien, dense, profond et sans cesse renouvele. Nous avons voulu, a la suite de la visite du President de la Republique au mois d’octobre dernier, verifier que tous les accords qui avaient ete pris, notamment toutes les decisions qui avaient ete prises d’un commun accord entre nos deux gouvernements se mettaient bien en œuvre. J’ai eu l’honneur de rencontrer le Roi il y a quelques instants, j’ai pu lui dire l’admiration qui etait la mienne, comme je l’ai dit ce matin a mon homologue, Monsieur le Premier ministre, pour l’importance des reformes qui sont conduites au Maroc. J’ai eu l’occasion de dire a plusieurs reprises que la France soutenait ces reformes et qu’elle souhaitait que sa cooperation vienne les renforcer, les accompagner, les rendre encore plus faciles. Nous allons donc signer, Monsieur le Premier ministre, 17 accords. Je voudrais rappeler qu’en matiere d’infrastructures de transport, la France a decide d’accorder un don de 75 millions d’euros a l’assistance technique du projet de TGV, ce qui va permettre d’enclencher ce projet, dont le Roi nous a dit tout a l’heure qu’il souhaitait qu’il puisse etre prolonge dans un objectif de long terme jusqu’a Marrakech. Nous sommes aussi engages pour le tramway de Rabat. Deux entreprises francaises ont vu leur expertise reconnue a travers la signature d’importants contrats: Alstom pour la fourniture de materiel roulant et Colas Rail pour la construction des voies. En matiere d’energie, l’AFD va accorder un pret de 50 millions d’euros au reseau a tres haute tension de l’Office national d’electricite et c’est aussi dans cette perspective que nous avons marque notre disposition a travailler avec le Maroc a la constitution d’une filiere electronucleaire Une mission du commissaire a l’energie atomique est venue, ici au Maroc, poser les premieres bases de cette cooperation et le ministre de l’Energie marocain viendra a Paris la semaine prochaine, où j’aurai l’occasion moi-meme de le recevoir. L’AFD financera egalement des centres de formation, notamment dans le domaine de l’aeronautique, de la construction automobile ou du textile pour plus de 22 millions d’euros. Puis, nous avons eu la joie d’enregistrer l’acquisition par le Maroc d’une fregate multimissions strictement identique aux fregates qui equipent la marine nationale francaise, ce qui permettra d’ailleurs une meilleure cooperation entre les deux marines et notamment en matiere d’entrainement des equipages. Enfin, nous avons evoque au cours de nos entretiens, naturellement, tous les dossiers qui concernent la place du Maroc dans le bassin mediterraneen, ses relations avec l’Europe et sa place dans le monde, j’ai eu l’occasion de m’exprimer sur ces sujets hier. Ce qui est finalement frappant, pour resumer les choses, c’est qu’il n’y a aucun sujet de desaccord entre le Maroc et la France, bien au contraire, une identite de vue parfaite. Une journaliste (Le Matin): Merci Monsieur le Premier ministre, merci pour votre visite. C’est pour le journal Le Matin. Nous reiterons de nouveau, pour notre part, la meme admiration en ce temps de turbulences en France, puisque vous etes lance dans un grand programme de reformes que nous suivons et que vous arrivez a maintenir d’excellents sondages, Monsieur le Premier ministre. Monsieur Fillon, dans moins de 3 mois, la France va assumer la Presidence de l’Union europeenne. C’est important pour nous, a cause du projet pour la Mediterranee bien sur, mais aussi parce que la France n’assumera a nouveau cette presidence qu’en 2028, ce sera tres loin, c’est un moment-cle pour nous. Monsieur le Premier ministre, ce projet pour l’Union de la Mediterranee n’a de sens que si en face de l’Europe, il y a une region coherente qui s’appelle l’UMA. Du cote europeen, qu’est-ce qu’on peut faire pour essayer d’alleger un petit peu le carcan qui existe actuellement et, peut-etre, pour rapprocher nos deux pays, le Maroc et l’Algerie? Deuxieme question Monsieur Fillon, rapidement, on craint un petit peu pour ce projet pour l’Union pour la Mediterranee, on craint un petit peu cet aspect securitaire et cet aspect un peu immigration et puis l’aspect securite, cordon sanitaire autour de l’Europe, est-ce qu’il y a d’autres secteurs, bien entendu? On aimerait peut-etre que vous puissiez un peu decliner ce projet? Merci beaucoup. F. Fillon: D’abord, je vous remercie de la maniere excellente dont vous avez pose votre question. J’invite les journalistes francais a prendre exemple sur cette facon d’aborder les choses de maniere positive. D’abord, je voudrais vous dire que pendant la presidence francaise de l’Union europeenne, nous avons prevu avec le President de la Republique, avec Bernard Kouchner, de faire tous nos efforts pour permettre l’aboutissement d’une demande tres forte du Maroc que la France a toujours soutenu, qui est celle du partenariat avance. Il y a le projet de l’Union de la Mediterranee mais il y aussi les relations directes du Maroc avec l’Union europeenne. Le Maroc represente un exemple de developpement grace aux reformes qui ont ete faites, notamment sur le plan politique, sur le plan institutionnel. Nous souhaitons que cet effort aboutisse a un statut particulier du Maroc par rapport a l’Union europeenne et nous allons tout faire, pendant la presidence francaise, pour que ce dossier puisse avancer. Ensuite, l’Union pour la Mediterranee, ce n’est pas un projet securitaire, cela n’a meme rien a voir avec un projet securitaire. L’Union pour la Mediterranee, c’est l’idee qu’il faut que la cooperation entre les deux rives de la Mediterranee soit plus puissante, plus forte, plus profonde qu’elle n’a ete jusqu’a maintenant. Donc, nous voulons creer une vraie cooperation entre, d’un cote, tous les pays de l’Union europeenne et, de l’autre cote, tous les pays, sans exception, du bassin mediterraneen. Avec naturellement des dossiers concrets d’investissements en matiere d’environnement, en matiere de developpement durable, avec un objectif qui est d’apporter plus de prosperite et plus de paix dans cette region du monde. C’est important pour l’Europe, pour son developpement; c’est important pour le bassin mediterraneen. C’est un processus qui vient, au fond, s’ajouter a celui de Barcelone, avec l’idee que les chefs d’Etats seront plus concernes par la mise en œuvre du projet que ce qui etait le cas dans le cadre du processus de Barcelone. C’est d’ailleurs pour cela que le President de la Republique francaise attache beaucoup d’importance a ce que le 13 juillet, lorsque nous allons lancer l’Union pour la Mediterranee a Paris, tous les chefs d’Etats soient presents, des deux cotes de la Mediterranee. Quant au probleme de cooperation entre les pays du Maghreb, je pense que c’est plus au Premier ministre marocain de repondre, ce que je peux simplement dire, c’est que nous, la France et l’Union europeenne, naturellement, sommes disponibles et d’ailleurs, nous agissons dans ce sens pour essayer de convaincre les uns et les autres que c’est par de bonnes relations, avec des intentions pacifiques, qu’on peut construire le developpement et la prosperite. De ce point de vue-la, je reviens au point de depart de mon propos, le Maroc est un exemple parce que le Maroc a des resultats sur le plan economique alors meme que c’est un pays qui n’a pas de ressources naturelles, qui n’a pas les memes richesses que certains de ses voisins, il reussit particulierement bien. Il faut en tirer les consequences. K. Ranson (Maghreb Confidentiel): Toujours au sujet de l’Union de la Mediterranee. Est-ce que, lors de l’audience en fin de matinee avec le Roi, le sujet du futur siege de l’Organisation a ete evoque. Et egalement, est-ce que a ete evoque le premier projet qui marquera le lancement concret de l’Union de la Mediterranee? S. Loue (Agence Reuter): Monsieur le Premier ministre, permettez-moi de revenir sur ce que ma consoeur du Matin a nomme "turbulences", je m’en remets a son jugement. Certaines des propositions du Livre Blanc sur la fonction publique suscitent l’inquietude des syndicats. Est-ce que le gouvernement francais a pour projet de faciliter (inaud.) des fonctionnaires? F. Fillon: J’ai beaucoup de respect pour vous, mais la je suis a Rabat, en compagnie du Premier ministre marocain, et donc on va parler si vous le voulez bien des relations entre la France et le Maroc. Et nous trouverons certainement dans les semaines qui viennent, dans les jours qui viennent, d’autres occasions pour parler de la fonction publique en France. F. Fillon: Ecoutez, l’importance des accords que nous avons conclus montre que nous avons une pleine confiance dans le Maroc et dans son economie. Et donc, en permanence, nous allons reevaluer les risque au fur et a mesure du developpement des cooperations, au fur et a mesure du developpement de l’economie marocaine. Mais enfin, l’important pour le jour, ce sont les efforts que la France fait elle-meme pour venir en soutien au developpement du Maroc. J’ai evoque tout a l’heure, par exemple, sur le TGV, l’importance des financements que nous allons apporter, qui montrent que nous avons pleine confiance dans l’avenir de l’economie marocaine. Un journaliste: Monsieur le Premier ministre, la France assurera a partir de juillet prochain la presidence de l’Union europeenne, qui a repondu favorablement a l’ambition du statut avance. Quel sera le role de la France pour decliner de maniere optimale cette ambition et sceller ce partenariat dans ses dimensions politiques et humaines? Ma deuxieme question: a la suite du discours de Tanger du president Sarkozy sur l’Union mediterraneenne, où en est-on aujourd’hui de ce projet auquel le Maroc a bien souscrit? Merci. F. Fillon: Sur le premier sujet, nous allons nous employer a faire aboutir la demande du Maroc pendant la presidence francaise. Et donc, nous allons organiser, avec ce qu’on appelle "la troika", les trois presidences successives de l’Union europeenne, une rencontre au plus haut niveau avec le Maroc pour faire en sorte que ce dossier aboutisse. Je ne vois pas d’obstacle qui devrait rendre difficile les choses. Sur le deuxieme sujet, il me semblait avoir repondu. Le projet d’Union pour la Mediterraneenne, est sur les rails, il a fait l’objet d’un accord de l’ensemble des pays de l’Union europeenne, et de la quasi-totalite des pays du Bassin Mediterraneen. Nous allons lancer les choses le 13 juillet a Paris en presence de l’ensemble des chefs d’Etat. Nous avons deja debattu de la gouvernance, de l’organisation, de la repartition des roles de chacun. Il y a la question du secretariat qui est encore en discussion. C’est un projet qui est sur les rails et qui, je le pense, viendra apporter un renforcement considerable de la cooperation entre l’Union europeenne et les pays du Bassin mediterraneen, et surtout donner aux pays du Bassin mediterraneen une position plus forte dans cette cooperation. Il ne s’agit pas aujourd’hui de decider de l’Union europeenne, de programmes de cooperation avec les pays du Bassin mediterraneen. Il s’agit de creer un vrai partenariat a egalite entre le Bassin mediterraneen, et l’Union europeenne.
  Retrouvez cette intervention en podcast Depuis six mois, le Gouvernement, travaille dur pour moderniser la France. Nos objectifs sont eleves, ils sont en meme temps assez simples a comprendre : on veut remettre notre pays au niveau de nos principaux partenaires, on veut relancer la croissance, on veut reduire le chomage et on veut reequilibrer nos finances publiques. Ce ne sont pas des objectifs inatteignables. Pourquoi est-ce que la France serait le seul pays europeen condamne a avoir moins de croissance que les autres ? Est-ce que nous aurions moins de richesses, moins de genie, moins de culture, moins de savoir-faire, moins de tradition ? Evidemment non ! On en a plutot plus que les autres. Et pourtant, on a regulierement, depuis 30 ans, 1 point de croissance de moins que les pays europeens les plus efficaces. Reduire le chomage, est-ce que c’est a notre portee ? Les autres l’ont fait. Le taux de chomage de tous les grands pays europeens aujourd’hui est proche du plein emploi. Nous, nous avons enregistre, ces deux derniers mois, des resultats exceptionnels. Nous sommes aujourd’hui, avec un taux de chomage de l’ordre de 8 %, a un niveau qui est historiquement bas depuis 1982. C’est le meilleur resultat depuis 1982. Eh bien, meme avec ce resultat, nous sommes 25eme des pays europeens en terme de performance en matiere de chomage. C’est dire si on a encore une grande marge de progression devant nous. Et puis enfin, ramener nos comptes a l’equilibre. La aussi, cela fait 33 ans que nous n’avons pas connu un budget en equilibre. Cela fait 33 ans qu’on s’endette pour financer nos depenses de fonctionnement. Eh bien la encore, pour beaucoup de Francais qui sont nes avec cette situation, ils ont l’impression que cela peut durer toujours. Nous savons bien que ca ne peut pas durer toujours, et surtout quand on regarde autour de nous, on voit d’autres pays europeens, qui etaient dans une situation pire que la notre, et qui aujourd’hui ont des excedents budgetaires. J’etais il y a quelques jours en Suede : le Premier ministre suedois me disait : "moi, mon probleme, c’est de savoir ce que je vais faire de mes excedents budgetaires". Franchement, je suis pret a changer tout de suite la situation difficile qui est la sienne avec la mienne.
Nous venons de faire avec le Premier ministre, Monsieur Rasmussen, un tour d’horizon des questions europeennes, mais aussi des questions bilaterales et des questions internationales. Vous savez que le Danemark est pour la France un modele d’organisation economique et sociale. Beaucoup d’hommes politiques francais s’y sont rendus et je n’ai pas echappe a cette regle pour inspirer les reformes que nous conduisons. J’ai donc decrit au Premier ministre danois l’ensemble de ces reformes, la reforme de la fiscalite, la reforme destinee a rendre le travail plus incitatif, la reforme du marche de l’emploi, la reforme des services publics, la reforme de l’Etat. La richesse de nos echanges politiques et culturels est remarquable. Je veux d’ailleurs souligner, monsieur le Premier ministre, a ce sujet, a quel point l’exposition "Quand Versailles etait meuble d’argent", qui etait une exposition composee pour l’essentiel de meubles et d’objets fournis par la maison royale du Danemark, a rencontre un tres grand succes en France. Voila. Et puis enfin un petit mot pour dire que tout notre echange s’est passe en francais et je voudrais en remercier le Premier ministre danois, qui maitrise notre langue d’une facon impressionnante et exemplaire.
C’est afin de saluer le role du droit europeen que j’ai profite de ma rencontre avec Jean-Claude Juncker vendredi dernier a Luxembourg pour accomplir la premiere visite d’un Premier ministre francais aupres de la Cour de Justice de l’Union europeenne Encore cette satisfaction institutionnelle n’est-elle pas la seule raison de mon intervention: d’autres motifs relevent de mon sentiment intime, et je sais qu’ils parlent des Francais. Premier obstacle, la nature meme du texte. La notion de constitution paraissait redoutable, elle a disparu. Le Traite de Lisbonne complete et affine les traites existants. Il respecte le Traite sur l’Union Europeenne et le Traite sur la Communaute Europeenne, rebaptise "Traite sur le fonctionnement de l’Union", sans se placer au-dessus d’eux. Les symboles constitutionnels ont disparu.
Je retrouve aujourd’hui un pays qui m’a beaucoup marque lorsque je l’ai visite, il y a quelques annees. C’etait en 1993. J’etais alors ministre de l’Enseignement superieur et de la Recherche. Et j’accompagnais le president Francois Mitterrand, venu saluer l’espoir suscite par votre recente independance. Je me rappelle avoir eu le sentiment de decouvrir un pays attachant, un pays fier, un pays au potentiel exceptionnel. Eh bien, je constate quelques annees apres, que cette intuition etait fondee. Nous voulons multiplier les contacts, les echanges economiques, militaires, culturels, techniques, scientifiques, politiques, administratifs. C’est bien l’objet du partenariat strategique dont j’ai lance ce matin les travaux avec le Premier ministre Massimov. Ils doivent maintenant davantage unir leurs efforts, notamment a l’occasion de la presidence francaise de l’Union europeenne. Le ministre des Affaires etrangeres et europeennes, Monsieur Kouchner, se rendra au printemps a Astana et fera des propositions dans ce domaine. En 2010, le Kazakhstan presidera l’Organisation pour la securite et la cooperation en Europe. C’est une responsabilite majeure. Les regards seront tournes vers vous. Vous serez le premier Etat de la Communaute des États independants a assumer cette charge. La capacite du Kazakhstan a devenir le modele qu’il veut etre en matiere de droit et de bonne gouvernance constituera donc un exemple pour toute l’Asie centrale tout entiere. L’Union europeenne, c’est aujourd’hui 27 Etats membres, 490 millions d’habitants, c’est le premier exportateur mondial, avec un PIB superieur a celui des États-Unis, et une monnaie qui est desormais une reference mondiale. L’Union europeenne est donc aujourd’hui un acteur majeur de la mondialisation. Et dans cet esprit, j’estime que le Kazakhstan a vocation a etre un partenaire de premier plan de l’Union europeenne.
Chacun, du president Jacques Chirac au Premier ministre Lionel Jospin, etaient prets a en assumer les consequences.
Je mesure l’honneur que vous me faites, en invitant pour la premiere fois un Premier ministre a s’exprimer en ces lieux. Du grand rabbin David Sintzheim, son premier president, jusqu’a Jean Kahn, a qui je veux rendre un hommage tout particulier ce soir, son efficacite ne s’est jamais dementie. Celle de Leon Blum, premier president du Conseil d’origine juive, mais aussi litterateur, juriste, opposant infatigable et genereux aux injustices de son siecle. Celles des penseurs: Durkheim, le pere de la sociologie; Bernard Lazare, le premier dreyfusard avec Zadoc Kahn, le grand rabbin de l’epoque; Edmond Fleg, l’essayiste et romancier, fondateur de l’amitie judeo-chretienne de France, qui a donne son nom a votre centre pour les etudiants, que vous avez recemment inaugure. Le Consistoire central a su s’affirmer comme un interlocuteur stable et responsable de l’Etat, avec lequel il n’a cesse d’entretenir des relations de travail constructives. Il en va de meme de chaque consistoire regional, et au premier chef de celui de Paris-Ile-de- France, qui nous fait l’amitie de nous recevoir aujourd’hui en cette synagogue de la Victoire. Tout le conduit a jouer un role majeur dans cette laicite positive que le president de la Republique appelle de ses vœux. La loi de 1905 ne s’y est pas trompee, elle qui dispose clairement dans son premier article: "la Republique assure la liberte des consciences. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions edictees dans l’interet de l’ordre public". S’agissant du delicat probleme de l’abattage rituel, j’ai souhaite que vous soyez etroitement associes a la reflexion qui a ete confiee au ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, au sujet de la protection animale. Je crois aujourd’hui essentiel de concilier celle-ci avec le respect de notre patrimoine culturel et religieux. Concernant enfin les carres confessionnels, la recente circulaire de la ministre de l’Interieur relative a la police des sepultures sensibilise les prefets a la question.